casablancaCasablanca, l'un des monuments du cinéma américain des années 40. Un monument du film d'amour. Beau, triste, poignant.
L'histoire : en pleine seconde guerre mondiale, la France est encore séparée en deux, la France occupée et la France "libre" de Vichy. Les réfugiés partent pour Casablanca où certains attendent des années pour obtenir un sauf-conduit pour aller à Lisbonne puis en Amérique. Un américain, Rick, dirige un bar. Totalement neutre, il ne fait pas de politique et garde un certains contrôle. Jusqu'au jour où une femme qu'il a aimé et qui l'a abandonné sans autres explications qu'une lettre envoyée sur le quai de la gare refait surface en compagnie d'un homme majeur de la résistance. Il devra choisir entre l'aider et ainsi aider la résistance ou laisser sa rancune s'installer et lui refuser toute forme d'aide.
On se fous que tout le monde parle anglais à Casablanca, on s'en fous que les allemands parlent aux français en anglais, on se fous que les "locaux" parlent anglais. Signe d'une période lointaine où le cinéma n'était véritablement destiné qu'à un public américain. Pourtant, et c'est une bonne surprise, les français parlent quand même français, et il y en a un paquet, tout le monde en fait. Et pas seulement des figurants, des rôles majeurs aussi, comme le Louis je sait pas quoi, commandant de la police à Casablanca, interprété par un français. Les allemands sont interprétés par...des allemands et les rôles principaux (Rick, la femme, le résistant, le serveur, le chanteur) par des américains.
On s'en fous que les décors fassent terriblement décor, comprenez des décors vides, plats. On s'en fous que la tour de l'aéroport soit une vulgaire maquette en carton. On s'en fous que lorsque des gens regardent des avions décoller ceux-ci sont simplement projeter sur un mur. Tout cela participe à une ambiance. Tout cela c'est du vieux cinéma, du cinéma comme on n'en verra plus jamais, car pour l'apprécier il faut bien se dire que le film est vieux. Voir ça dans un film récent est tout simplement impardonnable.
Mais parlons du film. D'abord il nous propose nombre de seconds couteaux à fort caractère. Le barman qui louche sur le décolleté des "filles" de Rick, le serveur si tendre si amical si joyeux, le croupier malheuresement peu dévelloppé et j'en passe.
Casablanca parle du sacrifice, d'abord du sacrifice de Ilsa puis de celui de Rick. Quelle sène poignante lorsqu'une femme bulgare vient demander à Rick en pleurant de l'aider, que l'on comprend - sans le dire - qu'elle a couché avec Louis par amour pour son mari, et que Rick commence à comprendre alors que plus jamais Ilsa ne sera sienne.
Casablanca c'est le talent monstrueux de Humphrey Bogart, pas si beau que ça cela dit en passant, qui jamais ne nous déçoit. Certes son jeu fait "old school" dans le rôle de l'homme fort mais usé, mais de toute manière tout le film fait "old school" alors dans ces conditions, son jeu ne fait absolument pas tâche, au contraire même. C'est aussi la beauté Ingrid Bergman, belle certes, mais d'une beauté ancienne, passée, révolue, une beauté que l'on ne verra plus jamais d'ailleurs, mais c'est surtout son talent que l'on vois. Talent tout simplement énorme.
L'histoire est passionante de bout en bout. On ne s'ennuie jamais, tout juste un peu au milieu comme dans la plupart des films, mais si peu. Le final est terriblement poignant et joue avec nos émotions comme rarement un final l'aura fait.
Tristesse puis joie, haine puis compréhension, Casablanca joue sur les émotions. Il nous donne une émotion "négative" (de la haine envers un acte d'une personne par exemple) avant de l'inverser (compréhension de l'acte de cette personne toujours par exemple).
Beau, poignant, magnifique, Casablanca est un film culte, un chef-d'oeuvre, un monument du cinéma américain, signe d'une période révolue certes, mais terriblement belle, et même si l'on ne l'a pas vécu [cette période] on ne peut s'empêcher d'en être nostalgique.