i__robotLe pari pouvait s'avérer risqué et hautement casse-gueule tant le sujet du film semble éculé. En effet, le thème du robot se rebellant contre ses propres créateurs avais déjà été pris dans Terminator et Matrix, ainsi que dans des centaines de série B valant plus ou moins le détour. Pourtant, ça n'est qu'un juste retour à l'envoyeur que d'adapter cette série de nouvelles, tant tous les films sus-cités ont piochés allègrement leurs meilleurs idées dans la littérature d'Assimov. A partir de là, le projet se crédibilise énormément.
Malgrès son budget important - quelques 135M$ - Alex Proyas, qui avais déjà déchaîné son univers visuel si particulier dans Dark City (dont Matrix premier du nom a d'ailleurs pillé des tonnes d'idées et de plans), doit pourtant serrer son budget s'il veux faire le film qu'il voulait (vouloir faire un film qu'on voulait décidément on progresse tous les jours ici).
Pour interpréter le rôle principal du film, les producteurs, conscient que I, robot n'avait rien ou pas grand chose du blockbuster estival habituel, voulant rentabiliser rapidement leur film n'avais pas beaucoup le choix, et il [le choix] s'est porté sur la personne de Will Smith, grand habitué des blockbusters en tout genre, et dont son talent d'acteur avais été fortement prouvé par le injustement boudé par le public Ali.
Le film démarre gentillement sur une musique de violons languissant. Générique sous-marin, on nous apprend les trois lois (noyau dur de l'histoire et de la littérature d'Assimov), on fait quelques flash-back très cut et mystérieux (où on ne comprend rien en fait) et on découvre le visage de notre héros se réveillant au ô combien agréable sonnerie tonitruante du réveil.
En quelques temps, Alex Proyas pose les bases de son film, nous présente les différents protagonistes (si vous n'avez que ça à foutre vous remarquerez que j'utilise beaucoup ce mot dans mes articles), et installe une histoire avec une maîtrise évidente.
Là où le film fait fort dès ses premiers instants, c'est par ses effets spéciaux. Non pas un déluge d'effets spéciaux, comme on pourrais l'attendre d'un film de ce genre (avec tout un tas de beau traveling aériens sur la ville) il n'en est en fait rien. Enfin un gros rien quand même, mais en fait, jamais les effets spéciaux ne sont utilisés pour montrer des effets spéciaux. Une main de robot en gros plan sera une vrai main robotisée, un décor sera un vrai décor, une voiture que l'on envoie ballader au milieux d'un décor sera une vraie voiture (enfin construite pour le film mais bon), et une maison détruite par un robot déstructeur sera faite de vraie décor et de vraies maquettes qu'on détruit réellement. Car dans les effets spéciaux, on constate une véritable volonté de les minimiser tout en les magnifiant dans chaque scène où ils sont présents. Il n'y a qu'à voir les entretiens avec Sonny, le robot, ou la scène de l'entrepots de robots où les acteurs étaient filmés entièrement sur fond vert (et sont d'ailleurs beaucoup plus convaincant que ceux de notre bon vieil ami George Lucas (à noter d'ailleurs que les effets spéciaux numériques du film ont été réalisé non pas par ILM mais par WETA DIGITAL la société de Peter Jackson)).
A sa sortie, le film a été fortement comparé à Minority Report de Steven Spielberg. Pourtant leur seul point commun sont de proposer un futur ultra-réaliste et très crédible, à la limite peut-on dire que pour leurs écrivains (Philippe K. Dick pour MR  et Isaac Assimov pour I, Robot) sont deux pionniers de la littérature SF, mais les comparaisons s'arrêtent là.
L'une des grosses surprises du film est Will Smith, si j'ai déjà évoqué sa présence je n'ai pas encoré évoqué son jeu, bien plus convaincant que d'habitude, il campe ici un personnage tourmenté, obsédé par sa haine (viscérale il faut bien le dire) des robots.
Il serait inutile de nier ses imperfections, à l'image de quelques effets spéciaux un peu foireux, des détails ici et là (la mitraillette de Will à la fin qui ne recharge jamais...), des pubs un peu grosse (un gros plan sur un apareil JVC, Will Smith fait même les éloges de ses converse (avec humour cependant)) mais ce ne sont pas ces petites choses qui vont plomber le film, elles vont même le rendre plus attachant.

Enfin bref tout ça pour dire que sous ses airs de gros blockbuster hollywoodien, I, robot cache un film un peu plus profond, certes pas très profond, mais qui dépasse largement le stade du simple divertissement.