leonDifficile pour moi de parler objectivement de Léon étant donné qu’il constitue à mes yeux le film ultime qu’on choisirait si on ne devait emporter qu’un film sur une île déserte peuplée par de seuls babouins. Mais tant pis, je vais quand même essayer. Avant de devenir le producteur que l’on connaît, Luc Besson était un réalisateur fantastique, enchaînant les films avec une maestria impressionnante et nous donnant des personnages inoubliables comme Leeloo, Nikita et bien entendue Léon. Les films de Besson c’était ça, des personnages, des gueules, des personnalités bien marqués. Ici Gary Oldman en flic ripoux-drogué-mélomane (beaucoup pour un seul homme), il nous donne d’ailleurs l’un de ses plus beaux rôle. Jean Reno nous offre aussi le rôle de sa vie (ouah deux rôle de leur vie pour un seul film, belle performance), formidable en tueur attachant, si doux, si calme, et si violent. Sans oublier bien sûr Mathilda, premier rôle de Natalie Portman (!) qui s’en sort comme une chef (pour info elle est doublée dans la VF par une certaine Ludivine Sagnier).
Le film démarre lentement, un long plan aérien sur Manhattan sur fond de la musique d’Eric Sera (compositeur bien trop rare malheureusement). S’en suit la présentation de Léon, tueur impitoyable, présenté tel un fantôme (son premier contrat est hallucinant). Puis c’est le Léon un peu plus humain qui nous est présenté, s’occupant de sa plante verte, buvant ses verres de lait, faisant ses exercices et regardant de vieilles comédies musicales (Beau fixe sur New-York de Stanley Donen). Tous les jours ou presque il croise Mathilda, fille dont la vie est un enfer, entre sa connasse de belle-sœur, sa p*te de belle-mère, son dealer de père, ne lui reste que son petit frère. La suite on la connaît.
Le film fait preuve d’une maîtrise impressionnante de son sujet, Luc Besson nous sert des plans millimétrés, pesés, calculés au centimètre près, et fait preuve d’un sens du montage qui ne peut qu’inspirer le respect. Véritable ballet par moment (la scène de la mise en place de la bande à Norman dans le couloir, magnifique). Le film est magnifique, beau, puissant, touchant, on s’émerveille de voir ce tueur si impitoyable si gentil, si maladroit, si enfantin en fait.
Le film enchaîne les séquences d’anthologie, en fait, le film est une séquence d’anthologie, dire que le final est mieux que le début n’aurais pas de sens tant le tout forme un bloc cohérent. Dans certains films, l’histoire, le scénario, est fait pour amener dans UNE scène, UNE séquence, une tension accumulée durant tout le film se déversant alors dans une séquence finale qui décoiffe et qui restera probablement à jamais dans les annales du cinéma. Ici rien de tout ça. Le film est égal tout le long, et ici l’intérêt n’est pas dans une enquête, une quête ou autre, mais bien dans les personnages. Le scénario fait preuve d’une fluidité étonnante, frisant la perfection d’ailleurs (bien qu’en art la perfection n’existe pas).
Que ce soit l’histoire, les acteurs, la musique, la réalisation, le montage, Léon est tout simplement une pure merveille.

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