(non, je n'ai rien contre les personnes de petite taille)

Les larmes du soleil d'Antoine Fuqua
Sincèrement je m'attendais à une sorte de mélo patriotique avec des gens se sacrifiant sur une musique à vous donner la chair de poule. Eh bien...c'est à peu près ça, sauf que le film a un atout majeur dans sa poche : il est réussie. Antoine Fuqua n'est pas n'importe quel réalisateur hollywoodien. On lui doit le polar Training Day avec Denzel Washington, ainsi que le meilleur-que-l'on-ne-pourrait-le-penser Le roi Arthur (qui, malgré la maison-mère Disney, critiquait ouvertement la religion chrétienne). La première chose qui frappe dans Les larmes du soleil c'est que jamais (oh non, jamais) Antoine Fuqua ne cherche à détourner ou masquer la réalité (comprendre l'horreur des faits), quite à nous donner quelques scènes d'une rare violence pour une production de ce calibre. Pour les héros patriotiques tout propres sur eux, c'est mitigé. D'un côté ils sont effectivemenyt bien sympa, le coeur sur la main et tout et tout, mais de l'autre ils sont aussi présentés (du moins au début) comme des connards n'ayant rien à foutre des populations civiles, et considérant d'abord tous ces gens comme un colis. On évite de trop tomber dans le cliché sans pour autant l'éviter totalement, nous avons donc ici un exemple d'utilisation réussie de clichés (n'est-ce pas Renaissance ?!). Contrairement à beaucoup de films sur la guerre, Les larmes du soleil prend le temps nécessaire pour nous présenter chaque personnage, et ainsi nous donner le temps de nous y attacher. Il prend même le temps d'une scène commando à double effet : montrer la barbarie de l'homme (les actes de tortures et la violence de la vengeance engendrée par ces actes) et nous montrer à quel point le commando est invincible (au cinéma les héros ne meurent pas), histoire qu'on se rende vraiment compte lors du final où les gens tombent comme des mouches que ce sont de vrais êtres humains (la réalité revient) qui tombent, des gens qui pensent, aiment, détestent, veulent des choses, des gens qui avaient peut-être une famille, des gens qui n'avaient pas forcément tout réglé dans leur vie avant de mourir. A ce titre, une réplique d'un mourrant pourrait résumer la situation : "ça ne devait pas se passer comme ça".
Petit détail qui a son importance, la faible utilisation des effets numériques dans le film (où discrets voire invisibles alors), rendant le tout plus réaliste. Seule petite déception qui n'en est pas vraiment une, le final un peu beaucoup trop conventionnel, mais vu la performance du reste, on applaudie des deux mains et on s'impatiente du nouveau Antoine Fuqua.

Tongan Ninja
Pour pouvoir apprécier Tongan Ninja il faut le prendre à 100% comme un film amateur (ce qu'il est à moitié), auquel cas on peut passer un (très) agréable moment, être admiratif devant le soin technique apporté à l'oeuvre et rigoler sans complexes de la connerie du film. Sinon, nul doute que l'expérience sera plus douloureuse. Le gros défaut du film est de vouloir en faire "plus", ça peut donner des trucs réussies (la scène de danse/chant/pub improvisée dans la cuisine) ou des trucs plus chiants (le passage dans la serre). Dans tous les cas, ça reste un sacré bon moment de rigolade, et comme visiblement c'est le but, tout va bien.