funnygamesFunny games est le genre de film dont on a souvent entendu parler, dont on a vu d’autres films du même réalisateur, mais sans jamais l’avoir vu. On sait qu’il s’agit d’un film violent, choquant, mais plus moralement que visuellement. Lorsque l’on commence le film, l’intro nous fait presque oublier tout ça, et s’il n’y avait ce générique sur fond de heavy metal gueulard on aurait presque pu penser que le film allait être un film sur les vacances d’une famille. Pourtant par la suite on oublie encore, et on se laisse étrangement fasciné par l’installation de la famille dans leur maison de vacances. Vient enfin le moment des bourreaux. Un moment qui surprend car même si l’on sait très bien l’histoire du film (des gens vont torturer une famille sans raison), cela surprend toujours. La narration est totalement fluide, les différentes étapes du scénario ne se sentent jamais, ce qui contribue pour beaucoup au caractère choquant du film. Lorsque l’on comprend qui sont les bourreaux et que l’on se rappelle que pendant tout le film ils vont torturer cette pauvre famille, sans que l’on n’apprenne jamais pourquoi, on est confronté à un choix. Le choix de continuer ou d’arrêter le film. Dans les deux cas les gens ont leur raison, et ceux qui décideront d’arrêter ne le feront pas forcément pour ne pas voir de la violence, mais peut-être aussi pour le non intérêt (apparent) de l’histoire (une chronique sur deux tueurs dont on ne connaît rien ou presque). Ceux qui décideront de rester le feront parce-qu’ils seront fascinés par le film (c’est mon cas). Funny games est un film qui se veut résolument provocateur et choquant ou tout du moins marquant. Le générique sur fond de heavy metal gueulard alors que les images sont paisibles (la famille est heureuse et va en vacances), les paroles que l’un des tueurs adresse directement au spectateur, le long plan-séquence dans le salon délibérément ennuyeux, le coup de la télécommande (je n’en dirais pas plus), les faux espoirs et la toute fin sont autant d’éléments nous marquants pour longtemps (car inhabituels). La violence de Funny games est plus psychologique que morale. L’utilisation maligne de la suggestion et des effets très réussis font que le film n’a pas vieilli d’un poil. Petit mot enfin sur les acteurs, tous parfaits, en particulier les deux tueurs incarnant à la perfection la froideur. On note aussi que le père de famille n’est autre que Ulrich Mühe que l’on a pu voir dans Amen de Gosta Gavras dans le rôle d’un officier S.S..