31 octobre 2006
La peur au ventre (Running scared) de Wayne Kramer - USA/2005
Sorti en salle en catimini, Running Scared s'impose comme un polar
hard-boiled noir et violent, sorte de descente aux enfers fonctionnant
sur le principe toujours efficace du « quand j'arrive où t'étais t'as
avancé de trois mètres » (comment ça je viens de l'inventer ce principe
? Il vous plaît pas peut-être ? Bon pour ceux qui auraient pas compris
ça donne : A va chez X puis X l'envoie chez Y. Quand B, qui poursuit A
arrive chez X et qu'il lui indique Y, A est déjà partie ailleurs (pas
con le gars), et si vous avez toujours pas compris, je peux rien pour
vous), permettant toujours plus de rebondissement de situations. La
mise en scène empruntée à Man on fire et Domino, en plus retenue quand
même, donne au film un cachet ma foi très agréable et conférant au film
un rythme haletant (j'aime bien ce mot, quand ils le lisent, les gens
ont le sentiment d'entendre le héros du film dont la critique parle
haleter, ce qui est d'ailleurs un peu con si ils l'ont pas vu qu'ils
devront s'imaginer le héros, et quand ils verront le film ils seront
déçus ! Enfer et damnation !). Je viens de me rendre compte que j'ai
pas dis grand chose sur le film, donc en gros : efficace, noir,
violent, stylé, bien rythmé, haletant (j'aime bien ce mot
parce-qu...bon ok ok), et qu'à part ses six (oui oui six, pas un, pas
deux, six, comme quatre et deux et trois et trois et cinq et un, six
(ou six et zéros mais bon là je dis limite et carton rouge, exclus !)
retournements de situations finals (c'est les retournements qui sont
finals, pas les situations, rah cette grammaire française alors, que de
quiproquo) on n'a pas grand chose de négatif à dire sur le film. Ah oui
! Et la scène chez les pédophiles est l'une des plus marquantes qu'il
m'ait été donné de voir récemment (je dis ça pour vous intéresser, tout
de suite une scène chez des pédophiles ça attise la curiosité, enfin
chez moi en tout cas, non je suis normal je vous jure ! C'est pas
parce-que j'aime bien michel vaillant et fast and furious 3 que je suis
anormal, pitiéééééééééééééééééé...prout). Ai finis.
P.S. Gaffe si vous le louez, le film est au format recadré (1:85 au lieu de 2:35) et le son perd son souffle (stéréo en lieu et place de 5.1). Cela dit ce format n'est pas gênant outre mesure (mais j'ai pas vu le film en 2:35) et le mixage stéréo très bon.
29 octobre 2006
Sex is zero (Saekjeuk shigong) de Je-gyun Yun (2002)

Présenté
comme un American Pie coréen, Sex is zero se révèle rapidement être
bien plus, provoquant les fous rires à tours de bras et impliquant
émotionnellement comme rarement. Comme toute comédie coréenne ça
commence par de la comédie et ça finit par du mélo. Seulement là où les
autres ne s'embarassent pas de subtilité, Sex is zero nuance son propos
à chaque moment. Que ce soit les moments de comédie intercoupés de
petits détails sérieux (et tellement "vrai") ou les moments de sérieux
intercoupés de petits détails de comédies, l'ensemble contient un
équilibre tout simplement parfait. Ce qui étonne c'est que le film
arrive à passer dans un ton extrêmement dramatique (le sujet abordé
dans la deuxième partie n'est pas des plus joyeux) sans aucune lourdeur
(la comédie aidant pour beaucoup). Tout semble parfait dans ce film, la
réalisation, les comédiens, la musique, le scénario, tout est là pour
donner un plaisir maximal au spectateur. Déjà des films qui font
repartir avec une vraie banane c'est pas courant, mais alors quand ils
arrivent en plus à ajouter de vrais tensions dramatiques dedans, on se
dit que le film est parfait. Sex is zero est donc une vraie bonne
comédie, et franchement j'avais pas ris comme ça devant un film depuis
un bail. Evidemment, comédie pour ado oblige, la plupart des gags
tournent au dessous de la ceinture, mais quand c'est aussi délicieux
que ça on en redemande par paquet de dix.
Pour résumer : une réussite totale !
28 octobre 2006
Divers
Doom de Andrzej Bartkowiak - USA/2005
Doom le jeu vidéo c'est de l'Histoire (avec un grand H),
Doom le film c'est le petit truc insignifiant qu'on loue quand on n'a
rien d'autre à foutre dans un moment de faiblesse. Pour résumer : c'est
long, lent, chiant, mal filmé, mal joué, mal foutu et pas respectueux.
Je me lancerais bien dans une petite analyse avec les moments
bons/moments nuls et la photo (oui ça a à voir !) mais là j'ai la
flemme. Rien à sauver donc..ah si ! Son (faux) plan-séquence qui
procure une certaine jouissance, qui est bien foutu, bien rythmé, bien
filmé, bien jou...ah non pardon, bref : réussit. Mais vraiment c'est le
seul moment bien.
Infernal affairs II de Andrew Lau et Siu Fai Mak - HK/2003
Passé le doute de voir une suite potable,
Infernal affairs II parvient à s'imposer sans problèmes et peut se
placer sans hontes aux côtés de son illustre aîné (Infernal affairs I
pour ceux qui suivent pas). La grande force du film est de faire la
même chose mais en différent. Ainsi le commissaire et le chef de gang
du premier deviennent ici les deux personnages principaux et c'est tant
mieux. Si le film fonctionne c'est aussi beaucoup parce-qu'on sait ce
qui va se passer après et qu'on est fasciné par la manière dont tout a
commencé. Et si les deux acteurs mono-expressifs jouant Tony Leung et
Andy Lau jeunes parviennent à s'imposer, c'est essentiellement
parce-que les deux grands que je viens de citer leurs ont bien préparés
les personnages et les ont imposés à l'écran, du coup ils pourraient se
mettre en tutu et danser sur la table qu'on y croirait encore. Fort.
Casshern de Kazuaki Kiriya - Japon/2005 
Super pour les un, infâme pour les autres, finalement
j'ai pas si mal aimé que ça même si le film est incroyablement
maladroit. D'abord la photo. Je veux bien que des flous et des blancs
brûlés ça aide à camoufler les CGI un peu ratés mais trop c'est trop,
surtout quand c'est pour montrer les méchants (là ça devient
complètement con). Et puis ensuite le propos. C'est bien beau de
vouloir faire un film sur "oui il faut vivre tous ensemble gna gna gna
on se gênera tous gna gna gna", mais le faire d'une façon aussi lourd
c'est moyen (à croire qu'ils prennent les spectateurs pour les
autistes). A part ça les scènes d'actions sont bien foutus et ça se
laisse regarder. Suivant !
Une nuit à Mongkok (One nite in Mongkok) de DerekYee - HK/2004
Lorsque Dionnet compare dans son introduction
Une nuit à Mongkok au cercle rouge de Melville il n'a pas tout à fait
tord. Les deux partagent une certaine idée de la fatalité et une
certaine amertume de la façon dont les règles finissent par achever
certaines situations. Généralement dans ce genre de film ça commence à
couiller à la fin, ici que nenni, elle est l'une des plus émouvantes et
réussie que j'ai pu voir récemment.
Ah ! Et Daniel Wu est super.
SPL de Wilson Yip - HK/2005
SPL est un film fait pour l'action mais n'est pas un film
d'action. On en retient l'action mais il ne faut pas le voir pour
l'action. Bref, SPL est un film un peu bâtard sur les bords. Bâtard
parce-que même s'il le fait avec brio, il navigue toujours entre
plusieurs genre. Entre le mélodrame, la comédie, le policier ou
l'action pure, ça change tout le temps. Résultat ? Eh ben on peut pas
le voir comme un film d'action, ou comme rien du tout d'ailleurs ! On
est juste obligé de le regarder comme SPL. Les scènes d'actions sont
bien foutus, la mise en scène énergique et efficace sait rester simple
et efficace. Par contre un truc gênant, c'est qu'on a toujours
l'impression que les comédiens prennent la pause, ce qui fait parfois
tomber le film dans un ridicule malvenu, mais bon, on va pas se
plaindre hein...

