paprika- Le réveillon est passé, la nouvelle année est arrivée, mais avant de nous attaquer à l'année 2007, je propose que nous fassions un bilan de l'année 2006, une année plutôt exceptionnelle s'il en est, avec notamment un début et une fin d'année extrêmement chargés. Cette réussite a une explication : 2006 a été une année d'auteurs, c'est-à-dire que toute une flopée de cinéastes ont pu avoir les budgets et les moyens nécessaires pour faire LEURS films, et quand je dis LEURS films c'est LEURS films, y compris en ce qui concerne le choix des fins, qui d'ailleurs étaient particulièrement noires cette année.
- Bref, c'est grâce à de gros moyens et une liberté quasi totale que Guillermo del Toro a pu faire son Labyrinthe de Pan en Espagne pour 15M€, Bong Jong-Ho son The Host à la tête du plus gros budget de toute l'histoire du pays au matin calme, Paul Verhoeven son Black Book dans ses Pays Bas natals, Alfonso Cuaron ses Fils de l'homme en Angleterre, et Arronofsky son The fountain dans les circuits indépendants des grosses firmes hollywoodiennes.
- Bref, une année exceptionnelle pour tout le monde, y compris pour le cinéma français qui nous a servi des perles comme 13 tzameti, oss 117 ou encore Ne le dis à personne. Outre cette réussite artistique, c'est aussi une grande réussite commerciale puisqu'en terme de pourcentages d'entrées, le cinéma français a battu, de peu certes mais battu quand même, le cinéma américain, ne laissant ainsi qu'une toute petite part aux films ni américains, ni français. De tous, seul Volver d'Almodovar a réussi a tirer son épingle du jeu en franchissant le million d'entrée, les autres films s'étant contenté de simple succès d'estime, comme ce fut le cas pour les deux polars italiens brut à souhait que sont Romanzo Criminal et Arrivederci Amore Cio, ainsi que la grosse surprise A bittersweet life, qui a redonné confiance à tous les amateurs de cinéma coréen après la très fade année 2004.
- Outre ces films, sont arrivés de nul part de pures réussites, à l'image du Prestige de Christopher Nolan, dont on pensait qu'il ne serait qu'une pause entre les deux batman, alors qu'il s'avère être son meilleur film. Dans la même catégorie des auteurs anglophones qui montent, citons le fort sympathique Jarhead de Sam Mendes ou le percutant Lord of War d'Andrew Niccol. Saluons aussi les éclatantes réussites de Spielberg avec Munich ;  et de Terrence Malick avec Le nouveau monde.
- Mais qui dit année d'auteur, dit année difficile pour les blockbusters, ne serait-ce qu'en terme de recette, puisque tous ou presque ont eu de grosses difficultés. Ainsi Mission impossible 3, pas déplaisant au demeurant, affichait des scores très faibles pour un film budgété à 150M$ avec Tom Cruise en tête d'affiche, Poséidon fut le naufrage de l'année, idem pour Miami Vice dont les dépassements de budget ont tout de même atteint les 200M$, quand on voit le résultat à l'écran on se demande vraiment où ils ont pu passer... dans les narines de Colin Farrel diront certains, no comment.  Mais entre tous ces échecs, un seul & réussi à devenir un vrai gros succès : Pirates de caraïbes deuxième du nom, dont les hallucinants résultats au box office n'ont d'égals que la pauvreté artistique du film, sorte de grosse attraction sur-rythmée et sur-effet-spécialisée qui finit par provoquer la nausée plutôt que le réjouissement.
- Je n'oublie pas le sublimissime Duelist, perle sud-coréenne nous narrant une histoire d'amour entre une policière et un bandit, histoire d'amour évoluant de manière totalement muette, pendant les hallucinantes scènes de combat entre eux deux, scènes filmées par ailleurs comme une danse.
- Enfin pour finir, les étonnantes réussites de La colline a des yeux, Hostel, V for Vendetta et Inside Man, soit quatre films extrêmement osés et qui ont créés la surprise un peu partout dans le monde.
2006 fut aussi une année de deuil, puisque Philippe Noiret et Robert Altman y ont tous deux trouvés la mort. Coup de chapeau pour The last show, son dernier film, une vraie réussite. Altman est parti en beauté, c'est déjà ça.