...voilà pour résumer le fond de ma pensée en ces temps de grands froids (affreux, horrible) qui non seulement se prive de neige (ouh l'arnaque !)  mais en plus se paie le luxe de me rendre malade (pour de vrai hein, pas mentalement du genre "ça me rend malade cette croute" ou...ou je sais pas quoi d'autre en fait), ce qui a pour effet positif de me laisser une après-midi supplémentaire sans rien faire (enfin si, mes devoirs, parce-qu'on est sérieux chez moi, et pour montrer qu'on est pas des branleurs, quand on est malade, on bosse). Vient enfin le moment où les devoirs finis, on se demande quoi faire...on regarde l'épisode 2x10 de Carnivale (aka La caravane de l'étrange en français, je préfère le titre original, me demandez pas pourquoi...), on se dit que la fin du monde (enfin non de Carnivale, mais c'est pareil) est proche, que la frustration nous guette, et avant de bousiller ses cordes vocales (car fatalement, le visionnage/visionnement de la fin de la saison 2 ne pourra que me pousser à hurler à la mort, vu que ces ######## de public n'ont pas accrochés à cette série über-géniale (j'ai mis un mot allemand, c'est ma bonne action pour pas y être allé) et qu'ils ont provoqués l'arrêt de cette super méga géniale série (en même temps je leur pardonne, c'est une série subtile et intelligente qui nous prend pas pour des cons)), j'ai pensé qu'un petit peu d'écriture bloguiniche (quoi il est pas beau mon mot ?) ne pourrait que me faire le plus grand  bien.

Apocalypto
de Mel Gibson
Mel "l'illuminé" Gibson. Voilà, ça c'est dit, et ça sera bien la seule stupidité que je m'autoriserai lors de cette critique (enfin "avis" plutôt). Parce-que mettons les choses au point : l'ami Mel, s'il avait pas fait sa passion christique, qui c'est qui en aurait eu quelque chose à fo*tre que son film soit violent ou pas ? Parce-qu'au fond, Apocalypto n'a absolument rien de bien choquant...voire rien du tout ! (enfin si, moralement, mais rien qui dépasse le quota habituel inhérent à tout film d'aventure qui se respecte) La séquence des sacrifices humains par exemple...rien d'affreux, pas de chair découpée, pas de gros plan sur une main explorant l'intérieur du corps humain, juste des hors-champ et une maîtrise absolue de la suggestion. Bref, l'ami Mel, il aurait pas fait son précédent film que personne aurait crié au scandale (voire pire, au nanar, merci télé"je descend des films pour le plaisir de les descendre et pour faire intello"rama).
    Car ce qu'est Apocalypto, au fond, c'est un p*tain de grand film d'aventure ! Une réinvention assomante d'un genre hyper-balisé, et ce juste sous le nez des producteurs hollywoodien, et pour trois fois moins cher que ça leur aurait pris à eux.
    Une chose est sûre, Mel Gibson a le sens du risque. Que ce soit la décision de tourner le film en yucatan (ça a même pour avantage qu'aucun doublage ne sera fait ;) ) ou la présentation du village. C'est simple : j'aurais lu ça quelque part, j'aurais jeté le tout à la poubelle tellement ça transpire le cliché et la stupidité. Et pourtant... (soupir) et pourtant ça marche, et plus encore ! Les mésaventures du gars stérile sont affolantes de stupidité, mais par une étrange alchimie, tout fonctionne (fort le Mel). Gibson réussit donc le tour de force de nous faire oublier presque toute violence avec ce prologue, alors même que l'on connaît tous l'histoire (les résumés et la bande-annonce allant jusqu'à la fin...).apocalypto
    Ce qui frappe lors de cette première partie, c'est la maîtrise absolue qu'a Mel. Parfaite représentation de l'espace (en gros on visualise très bien où est quoi, ce qui est loin d'être inutile au niveau de l'immersion), parfaite gestion du suspense (ah ce rêve prémonitoire, quelle force !), parfait dosage entre présentation des personnages et avancement de l'intrigue, parfaite gestion du temps, bref, c'est génial.
    Et c'est génial là, et ça sera génial par la suite, et ça le restera jusqu'à la fin. Enfin presque, parce-que l'ellipse finale, je m'en serais bien passé (dans le genre je détruit du suspense et de la tension dans l'oeuf, on fait pas mieux). Mais à part ça, je ne pourrais que qualifier ce film de...génial.
    Outre ses hallucinantes séquences de poursuites (que de suspense mes amis !), ce qui fait la puissance de ce film ce sont des multitudes de petits détails, rendant le monde un peu plus impitoyable qu'il ne l'était déjà. Des petits trucs vraiment très cons, mais totalement innatendus et surtout terriblement impitoyables (j'aime bien ce mot). Je sais que ça peut paraître ne rien vouloir dire comme ça, mais je vous assure que ce sont des petits trucs qui font la différences (c'est un peu ce qui fait la différence entre un Le couperet remplie de petits détails "périphériques" et un 36 quai des orfèvres qui reste désespérément concentré à 200% sur son sujet sans pour autant avoir la profondeur suffisante pour ce faire).
    Donc pour résumer : avec Apocalypto, Mel Gibson a réinventé le film d'aventure, voilà qui est dit.