A life of cinema

The wonderful world of a wonderful film buff (with a wonderful accent please)

17 février 2007

Welcome to Dongmakgol de Park Gwang-Hyeon (Corée du Sud/2005)

dongmakgolSynopsis : Au début de la guerre de Corée, un petit village de montagne est le lieu de rencontre d'un groupe nord-coréen, de déserteurs sud-coréens et d'un pilote américain...

Welcome to Dongmakgol est un film des plus étrange comme on en voit malheureusement trop peu dans nos contrées. Tout commence par une scène des plus surprenantes, puisque mélange entre poésie "lourde" (grosse musique, actrice jolie qui fait une grimace, couleurs chaleureusement saturées, mouvement de caméra simple et compliqué à la fois), scène catastrophe (un avion s'écrase) et comédie (c'est rigolo). Ce qui suivra est tout aussi étonnant, puisque pendant un petit moment on a droit à du pur film de guerre, et ce dans tous les sens, à tel point qu'on se croirait dans Taek Guk Gi, tant le film ne fait rien pour masquer les horreurs (physiques comme morale) de la guerre.

  Et comme c'est monnaie courante dans le cinéma asiatique, le film ne cesse de changer de ton, passant du poétique au tragique, en passant par le comique burlesque, l'héroï-comique (ah cette scène du sanglier !) ou l'héroïque tout court (à faire pleurer le plus insensible).

Comme beaucoup de blockbusters sud-coréen (Shiri, Taek Guk Gi, JSA,...), Welcome to Dongmakgol parle de la séparation des deux Corée, en l'abordant clairement ici sous le signe de la réconciliation (pour faire simple : la guerre ça sert à rien, le Nord et le Sud ne sont pas si différents que ça, la paix c'est mieux), mais avec une franchise et une sincérité déconcertante, qui au final donne vraiment envie de croire à cette paix hypothétique (et quand on voit ce que fait le dictateur nord-coréen Kim Jong-Il on se dit que c'est pas gagné...).

Le film repose beaucoup sur ses acteurs, à commencer par Kang Hye-Jeong (Old Boy), plus mignonne que jamais, campant ici une "simple d'esprit" inconsciente de ce qui se passe à l'extérieur du village (comme tous les villageois d'ailleurs, pour qui le concept d'une guerre opposant les coréens et les coréens relève de l'absurde), mais aussi Jeong Jae-Yeong (no blood no tears) et Shin Ga-Gyun (Sympathy for Mr. Vengeance, JSA, Save the green planet), totalement parfait dans leurs rôles.

Bref, un film beau, faussement naïf (voir la fin) et placé sous le signe de la réconciliation. Après ce film, une chose est sûre : on a envie d'y croire.

Posté par dubob à 12:22 - Asian side - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Flyboys de Tony Bill (USA-GB/2005)

flyboysSynopsis : Le destin de l'Escadrille Lafayette, constituée de jeunes soldats américains qui se portèrent volontaires pour intégrer l'armée française durant la Première Guerre mondiale, avant même que les soldats américains n'entrent eux-mêmes dans le conflit.

    Flyboys c'est typiquement le film qui marche ou qui marche pas, tout simplement car il est de ces films qualibrés au millimètres près et qui font appels aux recettes les plus éculées. Ici, pas de surprise, pas de personnages intéressants, pas de moments de bravoures : un film comme ça n'est fait que pour faire passer les 2h et quelques à la vitesse de l'éclair, donc exit toute tentative de faire des scènes "fortes" et bonjour produit formaté jusqu'au bout des ongles.

    Pourtant, le film n'a pas tellement à rougir. La photo est jolie, la réalisation non seulement parfaitement claire mais aussi très agréable, les FX des plus sympathiques, les décors bien détaillés et l'histoire reprend finalement tout ce qui a déjà marché dans un film ou dans un autre. Alors quoi ?! Eh bien le problème vient que tout ça ensemble ça ne fait qu'un joli écrin, comme si le producteur  (Dean Devlin, ex compère de Roland Emmerich) n'avait fait que rassembler de bons techniciens dans l'espoir de pouvoir faire une jolie bande-annonce. Car si la photo est jolie (soit carte postale, soit Soldat Ryan style avec ses couleurs désaturées) elle n'en reste pas moins artificielle (vive le numérique !), la nuit américaine du film est par ailleurs un échec complet tellement elle est évidente.

    La réalisation claire et agréable ? Eh bien elle n'est que claire et agréable. Jamais de risque, jamais de moment de bravoure, jamais quoique ce soit qui pourrait la rendre plus intéressante qu'une pub pour une voiture en fait...  Les FX sont sympathiques ? C'est vrai que les explosions sont jolies, que les avions sont très détaillés et que les maquettes ne sont pas ridicules. Le problème c'est que les avions et les explosions en synthèse restent des avions et des explosions en synthèses, que les maquettes pas ridicules restent des maquettes avec intégration de trois glandus qui courent devant pour faire croire que non. Un petit mot aussi sur un détail inacceptable dans une production de ce calibre : pendant les combats aériens, le sol n'est qu'une immense photo plate... Si on n'y fait pas attention, c'est pas grave, mais dès qu'on y jette un oeil, on a instantanément l'impression de voir une démo de jeu vidéo. C'est dans ces moments-là qu'on se rend compte que le boulot fait par les gars des FX sur Furtif (où les environnements sont VRAIMENT en 3D) mérite un certain respect.

    L'histoire classique mais "efficace" ? Eh bien non ! Non car là où d'autres auraient réussi à mettre tous ces moments et personnages vus et revus de la manière les plus efficaces possibles, et surtout de manière à ce que l'on ne sache PAS ce qui va suivre, tout ici est intégré de manière totalement prévisible et d'une lourdeur hallucinante. C'est bien simple, jamais (mais vraiment hein, tenez je vous le met en majuscule ça fera mieux : JAMAIS) on n'a la moindre surprise, jamais un pet de tension ne vient dans cet énorme bouillie scénaristique.

    Un petit mot sur les personnages ? Parce-que là tout y passe. Le jeune héros plein d'idéalisme (James Franco, plus mauvais que jamais), le salaud de baron allemand, l'officier militaire au passé trouble, le pilote religieux qui prie avant le combat, le capitaine français un peu gauche (Jean Reno qui ne fait rien d'autre que ce qu'on lui demande - qui a dit pas grand chose ?) et même la jeune et jolie bergère en détresse (Jennifer Decker, présente dans le prochain James Huth, Hellphone). De tout ce beau monde, seule Jennifer Decker sort du lot. Si parfois ridicule (je vais faire mon chauvin : c'est la faute au scénario !) elle réussit toutefois, lors de quelques scènes, à montrer son vrai talent (ce que de toute évidence James Franco - qui passe tout le film soit à prendre une tête de beaux gosse invincible, soit à froncer les sourcils pendant les dogfight (cf. l'affiche) - n'a pas).

    Enfin il est de mon devoir de descendre la musique de Trevor Rabin. D'une insupportable lourdeur et lançant des grandes envolées chevaleresquo-lyriques toutes les dix secondes, elle devient rapidement un gros (mais GROS) point faible pour le film, puisque dès lors que l'on sort du film, on ne peut même pas apprécier les belles images (reconnaissons-le) du film, puisque constamment couvertes de cette musique affreuse (et l'intérêt de cette musique n'est finalement que d'informer le spectateur endormi de la teneur dramatique de cette scène, ils ont pensés à tout les producteurs !).

Maintenant, vous à rajoutez tous ces énormes défauts des incohérences stupides (le pilote quasiment mort qui a encore suffisament de force pour faire faire un looping arrière à son avion, le mouvement final du héros (arf, quelle poilade),...), vous pourrez arriver à la conclusion que j'ai pas aimé, ouais.

Posté par dubob à 11:19 - Pop-corn movie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 février 2007

Men suddenly in black (Big Husband) de Edmond PANG Ho-Cheung (HK/2003)

men_suddenly_in_black Synopsis : 4 hommes profitent d'un voyage de leur femme en Thaïlande pour prendre du bon temps. Ils ont 14 heures, et tout a été prévu pour qu'aucun problème ne survienne...

Men Suddenly in Black fait partie de ces films réjouissants, au pitch couillu et original et qui à l'arrivée fournit un métrage des plus singulier. Présenté comme une comédie lambda, Men Suddenly in Black est pourtant bien plus, et sans crier gare il parvient à instaurer de vrais moments dramatiques. Dramatiques, car même si l'ensemble est assurément comique (voire les préparatifs façon film d'espionnage), le réalisateur réussit à insuffler à l'ensemble une dimension dramatique qui nous prend totalement par surprise.
    Et c'est là probablement l'une des grandes forces du film, c'est de ne jamais verser totalement dans un ton. Un peu comme lorsque Stephen Show déclarait dans Shaolin Soccer à une fille exagérèment enlaidie qu'elle était très belle, juste avant de lui déclarer qu'il ne l'aimait pas, Men Suddenly in Black perd le spectateur entre le sérieux le plus noir et le fou rire le plus intense.
    Car fou rire il y a, et pas qu'un peu. En fait, MSiB reprend un grand nombre de scènes classiques du polar HK (le sacrifice d'un pour sauver tout le monde, la fusillade dans les ruelles étroites,...) en les accommodant à sa sauce (vive le gunfight aux appareils photos !).
    Le grand mérite de MSiB aura été de ne pas faire de vrais concessions à son spectateur, à aucun moment le film ne s'arrête pour signifier au spectateur que oui, c'est drôle, mais en même temps que la tension intra-couple est bien présente. A l'arrivée, un film drôle, prenant et touchant, qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre, ce qui en soit est déjà pas mal en cette période de formatage audiovisuel.

Posté par dubob à 17:30 - Asian side - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 février 2007

Killers Klowns from Outer Space de Stephen Chiodo (USA/1988)

killerklowns03Killers Klowns from Outer Space fait partie de ces films d'une réjouissance extrême, où une horreur (relativement) noire côtoie les visions les plus pittoresques qui soient, où la moitié d'une ville peut mourir mais comme tous les héros survivent, on oublie la ville et on retient les héros, où la peur du ridicule n'agit nullement sur les créateurs du film et que justement ce ridicule est utilisé (classiquement mais en bien) dans le film.
Dès le début du film (et sa génialissime/kitchissime chanson) le film nous met dans le bain. Ce qui est bien avec ce film, c'est qu'il se moque complètement de multiplier les clichés (les deux farceurs, le vieux flic aigri, le jeune flic ex-petit ami de l'héroïne,...) mais qu'il le fait avec un certains respect et une maîtrise qui les rendent tous particulièrement attachant.
Généralement ce genre de film se limite rapidement de par son sujet. Les auteurs, convaincus que leur idée de départ se suffit à elle-même (ici des clowns E.T. qui débarquent sur terre pour tuer tout le monde) ne font que broder autour sans trop se casser la tête, pour donner un film limité. Ici non, les bonnes idées fourmillent de partout, et ce qui est bien c'est qu'à chacun de ces idées on se dit "ah mais ouais évidemment ! c'est des clowns alors ils doivent faire ça" du genre SPOILER leur nez rouge comme point faible, leur cocons "barbe à papa", leurs voitures de clown, le chien de chasse fait avec des ballons, le "Klownzilla" FIN SPOILER
La force de ce film provient aussi de sa faculté à jongler sans cesse entre "horreur" (le mot peut paraître exagéré mais certaines séquences méritent quand même cette appellation) et la comédie. Peut-être pas comme ont pu le faire récemment un Severance ou un The Host par exemple, mais chaque fois qu'une séquence est "horrifique", elle est désamorcée par les tueurs, et inversement (chaque séquence "drôle" se voit renforcée par le côté "tueur" des clowns).
Bref, Killers Klown from Outer Space est un film des plus réjouissant, sympathique, drôle, prenant et qui laisse un souvenir des plus agréable.

Posté par dubob à 10:41 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1