A life of cinema

The wonderful world of a wonderful film buff (with a wonderful accent please)

26 juin 2007

A l'intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo - France/2007

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    A l’intérieur avait tout du projet enthousiasmant à souhait : un film de genre français qui s’assume, une violence soutenue, le tout fait par des gens possédant « une maîtrise impressionnante » (dixit tout ce que les producteurs ont racontés pendant la promo). Inutile de dire que j’y allais pas en m’attendant à de la merde, mais c’est bien ce que j’ai eu. Il existe dans un film d’horreur un certains nombre de codes et de règles qui permettent à tout jeune loup un tant soit peu sérieux de réussir son film, et ce quel que soit le parti-pris de son film. Ainsi, développer des personnages, garder une efficacité dans la narration et un certain rythme, empêcher le spectateur de trop réfléchir pendant la séance…autant d’ingrédients qui permettent – et ce quel que soit le degrés de génie du faiseur – de passer un relatif bon moment sans s’ennuyer (d’ailleurs ces règles sont générales, un film qui n’a rien à voir avec l’horreur comme Faussaire les respecte avec un grand succès).
    Ici que dalle, rien, peau de zob et de saucisson, et on a vraiment l’impression de se retrouver face à un film bâclé, pire, face à un court-métrage étiré inutilement pour atteindre la durée d’un long. Le long travelling au début du film en est un exemple parfait : inutilement long, on nous montre la même chose pendant des plombes avant – finalement – de basculer sur l’héroïne interprétée par Alysson Paradis, et qui nous montre avec toute honnêteté à quoi va se résumer son jeu pendant tout le film (à part les moments où elle fait la gueule).

    Concernant les personnages, j’ai vraiment l’impression de voir une première version d’un scénario qui devra après faire l’objet d’une longue réécriture, parce-qu’en l’état c’est d’une pauvreté et d’un manque d’efficacité affligeant. Présenter le personnage de la mère ? Bon allez elle a qu’à aller la chercher à l’hôpital, on en profitera pour caser un petit dialogue dans lequel le spectateur trouvera bien quelque chose sur la relation mère/fille. Le patron de Paradis ? Idem, sauf qu’ici les réal’ balancent la discussion sans la justifier, cassant le semblant de rythme difficilement insufflé au métrage. Et bien évidemment – le tout manquant cruellement de naturel – ces scènes semblent cruellement « utiles », c’est-à-dire toutes justes bonnes à présenter en deux coups de cuiller à pot des personnages qui « serviront » l’intrigue (ça alors, on me présente des personnages dans un film d’horreur…mais à quoi vont-ils bien servir ?). Vous me direz c’est le cas de tout film d’horreur, eh ben non ! Non car les plus réussis réussissent à créer une sorte de monde à part (Massacre à la tronçonneuse, Haute Tension, La colline a des yeux,…) qui fonctionne selon ses propres règles et où chacun est soit d’un côté soit de l’autre, ça pue le bâclage donc.
    Pour finir sur les personnages, c’est dingue tout ce qu’ils font et qui sert à rien. Voir Paradis regarder la télé (« ouais on a voulu glisser un message politique dans notre film tu vois »), photographier un môme dans un parc (« oh mais quelle est cette présence mal cadrée au fond à droite »), se faire aborder par une infirmière « drôle » (« on a voulu détendre le spectateur avant de lui infliger le pire cauchemar qui soit », sauf qu’être drôle c’est comme tout, ça demande du travail et pas trois lignes de dialogues merdiques prononcées par une actrice bourrée). Dans le même genre, beaucoup d’actions de Béatrice Dalle sont au mieux inutiles au pire incompréhensible. Lors de son arrivée à la maison, lorsqu’elle touche beaucoup d’objets (bon je suis de mauvaise foie sur ce coup, elle en touche pas des masses et c’est ou un jouet d’enfant ou des objets en rapport avec son futur méfait…mais l’esprit est là : c’est long, inutile, pas subtil pour deux sous et alors qu’il nous reste 90% de ce passage on en a déjà compris la finalité…supaiiiiir). Dans les actions incompréhensibles, j’en ai une seule en tête en fait : arrivée à la cuisine, Dalle enlève une partie de son vêtement…sauf que 1) c’est quoi ? (un corset ?) 2) ça servait à quoi ? (se protéger du froid ?) 3) pourquoi elle l’enlève (elle avait chaud ?). Evidemment ce sont de petits détails, mais ils reflètent bien le manque de sérieux de l’aventure.

    Concernant le travail des réalisateurs en lui-même, je l’ai trouvé assez faible et parfois peu compréhensible. Par exemple : pourquoi une photo marron/rouge ? Bon ok c’est pour faire malsain, glauque et tout, mais là où ça devient franchement crétin c’est que c’est de la même couleur que l’élément le plus important du film, à savoir…le sang, eh oui ! Ducoup le sentiment d’intrusion ne se fait pas trop sentir, puisque les murs et le carrelage avaient (à peu de choses près) la même couleur avant que Béatrice Dalle se soit autoproclamée la Picasso du XXIème siècle. Concernant la mise en scène en elle-même, absolument rien d’excitant non plus. Une conversation sur un canapé ? Hop, un petit travelling latéral pour « donner du rythme ». Et ça n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, car la réalisation du film n’a rien de soignée. Brouillon et cédant à toutes les facilités possibles, elle n’arrive jamais à faire ressentir la moindre émotion (à quelques exceptions près cela dit : quelques plans de la première apparition de Dalle, l’énervement de la même Dalle (qui ressemble toutefois plus à un trip de monteur qui s’est rendu compte que l’actrice et le film étaient pas top…) ou la toute fin. Signalons au passage que jamais le film n’utilise un élément pourtant fondamental dans un huis-clos : la gestion de l’espace. Bon au bout du compte on comprendra bien que le couloir est en haut avec la chambre d’un côté, l’escalier de l’autre et la salle de bain au milieu, et qu’en bas on a un grand salon avec une petite cuisine au bout, mais jamais les réalisateurs n’ont ne serait-ce qu’essayer de jouer avec cet espace.

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   Passons au « cœur » du film en lui-même : le gore. Ben là aussi je suis déçu ! Bon c’est vrai que c’est plus qu’over-the-top de tout ce qui se fait en horreur « grand public » en ce moment, (explosions de tête, découpage en règles, aiguilles dans les yeux, visage brûlé, les fans ne seront pas déçus) mais 1) niveau maquillage c’est pas byzance, en gros c’est rarement crédible (que ce soient les simples maquillages comme ce que se trimbale Paradis pendant les ¾ du films ou les FX plus élaborés comme le coup du lance-flamme…putain c’est moche) et 2) c’est totalement dénué d’un quelconque intérêt dramatique sur les personnages qui restent (putain mais Dalle elle tue combien de personnes pour récupérer un bébé ? est-ce qu’on la voit regretter ne serait-ce qu’une seconde à un moment ? douter ? hésiter ?).

    Le film est aussi bourré de choses inutiles et incohérentes, en vrac (parce-que j’ai la flemme d’écrire plus) : Paradis qui assassine sa mère, Paradis qui se transforme en rambo pour ensuite se dégonfler en voyant Dalle, le flic qui une fois troué de partout rallume la lumière (sic) et devient pas gentil (re-sic), le jeune de banlieue qui est un jar-jar en puissance, le pseudo sous-texte politique sur les émeutes de banlieue, la révélation-qu’on-s’y-attendait-pas-du-tout sur le perso de Dalle, les longs moments où Paradis ne fait que pleurer et geindre et Dalle que crier sa colère (pour un film que les réal’ ont voulu autant jouissif et fun que viscéral et horrifique ça laisse de côté la première catégorie pour tomber dans la seconde), les effets « dialogues choc » qui m’ont bien fait marrer (genre « elle connaît mon nom…et mon histoire » et boum ! changement de plan !) et puis je vais m’arrêter là parce-qu’il est tard.

    En d’autres termes : ça fait plaisir de voir un film aussi gore en France mais bordel, qu’on file des sous à des vrais réalisateurs et pas des fans tout juste bon à torcher un court, et ça me fait pas du tout plaisir de descendre en flèche un film de ce genre en France, mais je vais pas faire de chauvinisme.
1/6 donc (je vais pas mettre 2/6 ou 3/6 parce-que le final est mieux que le reste, marre de ces films qui bâclent le début pour se concentrer sur la deuxième partie voire uniquement la fin, c'est pas ça le cinoche bordel !).

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Posté par dubob à 07:27 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2007

300 de Zack Snyder (2007/USA)

300    Enfin je le vois celui-là. Tant de temps que j'en entend parler, que les services marketing de la Warner nous ont bourrés le crâne avec une campagne marketing des plus agressives et une BA pour le moins alléchante. Alors ? Alors c'est pas terrible, mais c'est pas non plus catastrophique. Le problème majeur de 300 c'est son déséquilibre total. D'un côté, un Zack Snyder agressif qui s'éclate à filmer des combats pas trop mal foutus qui arrivent même à être fun à certains moments, de l'autre un Zack Snyder mou du genou qui n'arrive jamais à faire exister des personnages et qui emboite des séquences plus inutiles les unes que les autres, tentant vainement de faire quelques effets inutiles par-ci par-là (l'ascencion de Léonidas au début...attention il va tomber...) et peinant comme un diable à donner le moindre intérêt à des séquences de dialogues "politiques" qui plombent le film comme c'est pas permis, ce qui est quand même dommage vu que les séquences d'action réussissent tant bien que mal à garder un certain intérêt.

    Evidemment le ton marketing du film (principalement axé sur les batailles en faisant totalement abstraction du moindre enjeu politique) a un rôle important dans ma déception, mais il est indéniable que le film est totalement déséquilibré. Zack Snyder n'est pas un tâcheron, mais il peine à faire exister le moindre enjeu, et même les séquences de bataille - bien que sympathiques - semblent bâclés. En effet, si l'on excepte le sympathique (faux)plan-séquence ainsi que quelques enchaînement de moments de bataille qui semblent travaillés au niveau de la mise en scène et du montage (travail sur les raccords mouvements, sur les informations données au spectateur, la menace d'abord énorme qui finit ratatinée), le reste est simplement brouillon. Zack Snyder n'exploite son décor que trop rarement (les combats se déroulent entre un passage étroit dans la montage et une falaise à pic, ils se dérouleraient dans une grande plaine que ça serait pareil) et se contrefout de donner la moindre information au spectateur, le rendant totalement passif quant au déroulement des combats. Et quand il s'agit de montrer la défaite progressive des spartiates en les montrant se faire tuer un à un, on n'en a un peu rien à faire tant les personnages sont vides (Léonidas compris). Point suivant : les ralentis. Utilisés à l'excès, ils plombent complètement des séquences qui semblent durer des heures, surtout que la suite des évènements est (très) souvent prévisible. Quant aux effets spéciaux, ils alternent entre le bien (l'eau, ben oui c'est important...) et le grotesque (des décors souvent floutés, un sang d'un ridicule à toute épreuve,...) même si globalement ça reste convenable (surtout vu le budget).

    Bref, un film partagé entre des combats (relativement) sympathiques bien que n'exploitant pas le millième de leur potentiel et des séquences de parlote des plus inutiles, comme si Snyder cherchait à s'acheter une légitimité en filmant des gens débattre et des prophètes corrompus ("ben ouais mon film il parle de l'état actuel du monde tsais, tous les politiques sont pourris tsais"), le tout en se basant sur un scénario qui tient - disons-le franchement - du foutage de gueule pur et simple.

(cela dit ce genre de film a un gros intérêt : on aime encore plus Conan le Barbare après)

Posté par dubob à 10:29 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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