20 septembre 2005
Ma vie en l'air
Petite
comédie romantique sans prétention râbachant encore et encore des
thèmes aussi éculés que l'amour de sa vie qu'on ne voit jamais et la
nécessité de grandir. S'ouvrant ni plus nimoins sur une citation
d'Aristote, la première scène du film laisse augurer le pire. Jeux
d'acteurs ridicules (visiblement pas très bien dans leurs rôles, les
acteurs en font des tonnes) et réalisation insipide. Pourtant par la
suite le film s'améliore considérablement. Ma vie en l'air est une
comédie française new-generation, comprenez aux inspirations
américaines et utilisant des formules qui marchent (comme la voix off
du héros et l'alternance scène adulte/scènes enfants, etc...).
Le
grand avantage du film est de rarement tomber dans le lourdingue. A
chaque scène qui aurait pu être pleine d'intensité et d'émotions un
élément comique arrive, souvent sous la forme de Gilles Lelouche (sans
conteste le meilleur acteur du film) alias le copain d'enfance du héros
(incarné par Vincent Elbaz, impeccable, sauf pour la scène du début (et
de fin, c'est la même en fait) évidemment).
Du comique il y en aura
dans le film, et pas qu'un peu. Les fou rires sont légions et l'heure
quarante que dure le film passe à la vitesse de l'éclair (sauf
évidemment pendant cette fameuse scène de fin (qui est aussi celle de
début) qui dure des plombes).
En gros c'est sympa, pas très con, plutôt bien foutu et on s'ennuie pas.
26 août 2005
La cloche a sonné
Synopsis : Des gens vont suivre une thérapie bouddhiste dirigée par Fabrice Luchini, pas besoin d’en savoir plus.
Ah en voilà un film comme on aimerait en voir plus. Non pas que son
scénario soit d’une sidérante originalité ou que la mise en scène
brille par son inventivité, mais simplement que le film repose sur des
personnalités, sur des acteurs, sur des dialogues, bref un bon
vaudeville en somme. Vaudeville certes mais de qualité, où humour et
drame se mêlent intimement pour donner un résultat particulièrement
agréable à l’arrivée. Qui dit thérapie de groupe dit moult
personnalités bien intéressantes, des caractères bien trempés assez
divers assez bien travaillés, certes fleurant bon la caricature (pas
trop poussée néanmoins) mais terriblement efficace à l’arrivée, et les
voir devenir tous plus ignobles car poussés à bout est des plus
jouissifs.
En ce qui concerne le casting justement, car c’est après tout le centre
du film, aucune erreur n’est à déplorer, au contraire même. Qui d’autre
que Fabrice Luchini pouvait incarner le chef de thérapie imperturbable
? Qui d’autre que François Cluzet pouvait incarner le trouble-fête du
groupe ? Qui d’autre que Elza Zilberstein pouvait incarner l’ «
aguicheuse » du groupe ? Eh ben oui, tout simplement personne. On
pourra regretter que certains personnages ne soient pas assez poussés,
que certaines failles ne sont pas assez explorées (comme la mythomanie
de l’un et les problèmes d’intestins de l’autre) mais ce ne sont que
des détails.
Le film est drôle, très drôle. La première partie du film
est de la comédie pure, le discours de bienvenue de Luchini est
excellent, comme la plupart de ses dialogues d’ailleurs. Mais si cette
première partie est très optimisme et sympathique la deuxième change
alors, comme dans la plupart des comédies les personnages s’engueulent,
la situation se complique, et pendant que certains personnages voient
le bonheur d’autres sont dans le noir le plus total. Ironique, cette
seconde partie l’est surtout dans un salut au soleil sur fond de zone
industrielle et dans la résolution du problème de Jean (François
Cluzet).
Ironique, satirique, pessimiste, remplie de paradoxes, La cloche a
sonnée n’en reste pas moins une vraie comédie d’où l’on ressort calmé,
apaisé, ah ben finalement elle était bien cette thérapie, j'en reprendrais pour un dollard.



