26 août 2005
The jacket
Synopsis : Jack fait la guerre du golfe et se fait tirer dessus. Il
devient amnésique. Plus tard il sera accusé de meurtre mais ne se
souvient de rien. Il est envoyé dans un hôpital psychiatrique où un
docteur expérimente une méthode…spéciale….tintintintin
(tournesoltournesol, damned toujours pas).
Produit par le duo Clooney/Soderbergh, The Jacket se présente d’abord comme une œuvre complexe, glauque et torturée alors qu’en fait le film est d’une simplicité quasi déconcertante. Rappelant, dans son principe, L’effet papillon (même trou de mémoire, même déformation du passé), il diffère néanmoins totalement dans son traitement et son schéma narratif. Là où le premier se la jouait avec des couleurs saturés et tout un tas d’effets tape-à-l’œil le second fait plus dans la sobriété (jusqu’aux couleurs frisant parfois le noir & blanc). Le problème avec les voyages dans le temps c’est que le sujet est extrêmement casse-gueule et éviter les incohérences est assez difficile. On se retrouve d’ailleurs avec le même type d’incohérences que pour L’effet papillon. Aucune erreur de casting n’est à noter, ni aucune faute de goût d’ailleurs. Un thriller bien rôdé qui fonctionne, on n’en demandait pas plus.
08 août 2005
Le cauchemar de Darwin
A l'inverse de Michael Moore qui se met en scène pour montrer un côté humain de la chose en montrant bien précisément de quel côté il est, Hubert Sauper ne
se montre jamais, et surtout ne montre jamais la moindre petite
parcelle d'humanité, posant ses questions avec froideur, filmant le
plus crade, le plus sale, le plus dérangeant. A aucun moment ne lui
viens à l'idée de poser sa caméra, comme lorsqu'il repasse aux amis
d'une personne fraîchement tuée toutes les vidéos qu'il a d'elle,
filmant sans concession, sans chichi, il filme et c'est tout.
Le
film est un véritable coup de poing dans la gueule pour nous tous
occidentaux riches que nous sommes. Voir ces gens si pauvres, si
misérables (la scène du riz est très forte et très dérangeante).
On
s'étonne de tout, de ces interviews si iréelles, comme cet homme
souhaitant la guerre pour pouvoir s'enrôler dans l'armée et avoir un
job mieux payé (seule scène du film où le réalisateur montre un peu de
sentiments d'ailleurs).
Tous les thèmes sont traités, la guerre, le
sida, la pauvreté, la mal-nutrition, la prostitution, la drogue (voir
les gamins de 9 ans agir comme des vrais camés est une image qui
restera à jamais gravée dans ma mémoire). Le film dénonce sans jamais
prendre part, nous laissant choisir notre côté et c'est probablement ce
qui rend le film aussi dérangeant. Voir un prêtre dire qu'il ne peut
pas conseiller le préservatif alors que 10 à 15 personnes meurent du
sida chaque mois dans son "secteur" ne laisse pas de marbre.
Un véritable film choc sur la connerie humaine, neutre, froid, inexpressif, à l'image de notre civilisation, impassible...
24 juillet 2005
Cannibal Holocaust
Le film par qui le scandale arrive.
Un
groupe de quatre journalistes partis faire un reportage sur des
cannibal d'Amazonie est porté disparue. Une équipe de secour est mise
en place, et va bientôt découvrir la terrible vérité du sort des
journalistes.
Légèrement taxé de racisme à sa sorte, Cannibal Holocaust est
pourtant un film sur la cruauté humaine, la peur de l'inconnue.
"ont-ils peur de nous ? et si oui peut-être parce-qu'ils ne nous
connaissent pas ?" dis la jeune et naïve reportrice. Eh bien c'est faux
! Les quatre reporters crèvent de trouille devant cette tribue, pensant
bêtement que si ils leur font peur ils seront respectés, alors
qu'auparavant (mais chronologiquement après mais ces passages sont
des vidéos à la Blair Witch ) le scientifique a, sans aucune violence, su se faire respecter et surtout apprécier par la tribu indigène.
Cannibal Holocaust dénoncerait-il
donc quelque chose ? Y aurait-il quelque chose sous ctete épaisse
couche de surenchère de gore (qui commence même à être ennuyeux au bout
d'un moment) ? Possible. Voir les reporters violer tour à tour une
indienne, la fille crier que oh bon sang arrête de filmer on n'a plus
de pellicule, puis après voir l'indienne empieuter (voir l'affiche) et
les reporters rire presque alors qu'ils sont même la cause de cette
mort, est d'une horreur assez inattendue.
Mais qu'est-il odnc vraiment ? Peut-on vraiment dire en toute franchise que Cannibal Holocaust est
un film dénonciateur ? qu'il porte un message de paix et de tolérance ?
le moyen choisit aurait pu être plus soft, d'autant plus que la
surenchère de gore, mis à part l'exécution des animaux qui reste
toujours aussi horrible, le reste, malgrès sa qualité d'effets gores,
devient franchement ennuyeux au bout d'un moment ! On avais parlé de
sexe... certes le réalisateur n'hésite pas à filmer des corps nus, mais
je n'ais pas franchement eu l'impression que ça constituait un moyen
d'appâter le spectateur. Non le sexe et les nues ne sont pas utilisés
trop "outrageusement", de même que le caractère ô combien spécial de
l'envirronnement servirait à en freiner plus d'un...
Mais bon
passons. Concernant l'aspect polémique du film, les exécutions réelles
d'animaux donc, je suit plutôt partagé. D'un côté ça confère au film un
réalisme un peu plus crue et hard, qui fait que, même en le
revisionnant l'horreur ressentie reste la même, de sorte que le film
ais une sorte de "côta d'horreur" par vision, alors qu'à regarder
n'importe quel film, même le plus horrible, on devient rapidement
insensible aux tortures et autres horreurs des protagonistes. Ce qui
permettrait donc ici au film de dépasser ses pairs. Mais peut-on
réellement tuer des animaux devant la caméra ? Est-on obligé de faire
un gros plan sur Jaco tuant un rat d'eau ? voir ce rat se faire
découper en souffrant (toujours en vie) est assez horrible. Pour les
autres ça va à peu près. Le serpent, les singes et la tortue ne
souffrent pas, ils sont tués d'un coup sec et dur. On oublie
l'arraignée, elle aussi tuée, par écrasement.
Donc au final que
reste-t-il ? Un bon film, pas aussi horrible que l'on nous l'annonçait,
mais finalement réussissant bien son coups : nous faire passer pour des
voyeurs. Car comme je l'ais dit, on commence à s'habituer à cette
violence, et voir la femme déshabillée, battue, devient au final
ennuyeux, blasant même. Bon, après tout le monde doit le regarder à sa manière, donner un avis sur ce film étant relativement difficile.
23 juillet 2005
La grande séduction / canadien - 2003
Un
village, Sainte-Marie-La-Mauderne, ne vie que par le BS (le RMI quoi).
Quand une société projette de s'implanter, tout le monde crie au
miracle. Seul problème : la société exige la présence permanente d'un
médecin sur l'île. Les villageois décident alors de se prendre en main
et trouvent un médecin. Ils ont un mois pour le convaincre de rester,
et ils vont tout faire pour rendre son séjour le plus agréable
possible...
Si à sa sortie en salle La grande séduction s'est fortement fait comparé aux Invasions barbares, ces
deux films n'ont pourtant en commun que le fait d'être quebecquois, la
comparaison n'était donc pas légitime (n'empêche elle me sert bien à
faire une intro sans elle j'aurais été mal...euh oui bon bref passons
voulez-vous).
Partis ce petit spitch de départ pas très original
(les paumés qui veulent attirer les grandes entreprises chez eux) on se
retrouve avec un film des plus sympathique. Ici on ne cherche pas la
complexité, ou même la sincérité de la difficulté de ces gens vivant
presque isolés du monde, mais bien une histoire sympathique nous
permettant de passer 110 minutes de pure plaisir. La première chose à
rendre ce film si attachant c'est...ben... son accent pardis. Qui dis
Quebecquois dis accent, et dans ces conditions, ou le film est
insupportable ou il est trop gnon (trop gnon, trognon, bon ok j'arrête).
Mais
outre cet aspect attendrissant des personnages, le film fourmille
d'idées en tout genre. Que ce soit lors d'une écoute téléphonique (les
"écouteurs" s'amusant gentillement à enquiquiner les "écoutés" chaque
fois qu'ils disent quelque chose leur déplaisant) ou d'une partie de
cricket, on est souvent hilare devant ces situations bien joviales.
Alors
certes on peut regretter son scénario cousu de fil blanc, sa fin que
l'on devine depuis le début, ses facilités scénaristiques, ou encore sa
fausse critique de la bienséance mensongère, mais ce serait passé à
côté d'une très bonne comédie.
La grande séduction
film canadien / 2003
réalisateur : Jean-François Pouliot
avec : Raymond Bouchard , Dominic Michon-Dagenais , Guy-Daniel Tremblay
27 juin 2005
36 quai des orfèvres (français - 2004)
Il y a longtemps qu'on en avait plus vu des polars comme celui-là. Après l'énergique Gangsters Olivier Marchal
opte pour un ton plus calme mais reste dans le film policier. 36...
raconte l'histoire de deux policiers faisant la course pour arrêter le
plus rapidement possible une bande de braqueurs de fourgons aux
méthodes impitoyables. Ces deux policiers usent et abusent de méthode
pas toujours réglementaire ni même justifiées, et chacun sombre un peu
plus du côté obscur de la force des méthodes de travail. 36... est un
film français comme on aimerait en voir plus souvent, casting énorme,
réalisation choc et chic, musique à la fois belle, douce et stressante
(et omni-présente). Pourtant le budget n'est pas si énorme que ça,
12M€, c'est pas mal, c'est même assez important, mais on est loin des
grosses productions. Dans le genre film policier, Mathieu Kassovitz
avait réussie un assez bon exercice avec son sympathique Les rivières pourpre et
parvenait à montrer que oui nous français peuvent réussir à faire des
bons gros films bien choc à l'américaine sans pour autant en avoir le
budget (le même que celui de 36...). Mais ici pas question pour Olivier
Marchal de faire la même chose que Mathieu kassovitz. 36... joue la
carte du réalisme et de l'authenticité (comme pour son précédent film
Olivier Marchal s'est inspiré de faits et de gens réels) là où Les rivières pourpres jouait
celle du spectaculaire et de l'exagération. 36... c'est avant tout une
ambiance distillée à grand renfort de musique superbe, de personnages
classes, de phrases chocs et de plans certes classiques mais d'une
efficacité à toute épreuve. 36... c'est aussi l'interprétation énorme
de Daniel Auteuil et de Gérard Depardieu. Il n'y a décidément pas
d'autre mot pour qualifier leur interprétation. Tout en naturel, Daniel
Auteuil exprime son personnage d'une grande complexité, devant jongler
entre sa famille qu'il vois le matin et le soir et sa responsabilité de
chef de la BRI. Toute en simplicité, Gérard Depardieu nous montre cet
homme aux méthodes effroyables sans coeur, évoluant telle une bête
blessée dans un univers qu'il maîtrise jusqu'au bout des doigts se
foutant éperdumant des règles.
Olivier Marchal nous montre dans ce
film qu'il sait partir d'un fait réel, le réécrire en piochant ici ou
là quelques anecdotes, et faire un film à l'encontre de tout ce à quoi
on pourrait s'attendre. Là où d'autres filment les scènes de baston
avec leurs pieds Olivier Marchal nous montre que non, lui il filme très
bien. C'est bien simple à aucun moment on ne sait pas ce qui se passe à
l'image, à aucun moment on est dans un flou, quand des voyous défoncent
une tenancière de bar à putes avec un poing américain on le sait, idem
quand ils lui explosent la tête contre son bar. Et ça, les américains
en ce moment ils ont un peu du mal à le faire. Et toc !
Vous
l'aurez compris, le principal intérêt de 36... est de redorer le blason
du polar et surtout de prouver que nous en bons français on peut faire
des pures films de genre, ce qui manque cruellement à notre patrimoine
cinématographique. Mais même sans ça, 36... relève non pas du
chef-d'oeuvre mais de l'exellent film, beau, puissant, troublant,
triste, il est de ces films que l'on aimerait voir plus souvent, mais
après tout c'est leur rareté qui fait leur puissance.

