24 novembre 2006
Parce-qu'une vie sans cinéma...
...c'est comme un verre d'absinthe sans sucre.
Le concile de Pierre
Bon, outre le fait que je me suis gelé pendant les ¾ du film parce-que le réalisateur passe son temps à nous montrer des gens cracher de la fumée, que le chauffage de la salle ne marchait pas et que j'étais trempé du fait de mes 15 minutes de marche sous une pluie battante (et sans parapluie, ah le con), eh ben j'ai pas super aimé, mais pas que. Le film a pour lui des qualités (des scènes fortes, un refus de la happy-end bateau, une certaine ambition, une bonne ambiance, des partis-pris couillus) et un grand nombre de défauts. Comme d'hab', c'est plus facile de citer les défauts que les qualités (parce-qu'un défaut ça saute aux yeux alors que la qualité est sage). La réalisation d'abord. Eh ben j'ai du mal à croire que c'est le même réal' que Cette femme-là qui est derrière la caméra, parce-que bon... c'est super décevant quand même ces plans symétriques, parce-qu'au final ça les rend chiant (les plans), en fait un bon adjectif pour qualifier la réalisation c'est plat. Ouais, plat ça correspond bien. D'ailleurs y a pas que ça qui est plat dans ce film, les décors sont plats (pas de crasse bien poisseuse, pas de super trucs de la mort qui tue, non, rien que des décors bien foutus mais sans plus), les acteurs sont plats (putain, moi qui avait entendu que Bellucci jouait mieux dans ce film que dans le reste !), la musique est plate (en plus d'être énervante), l'histoire est plate, la neige artificielle est plate (ah mon dieu quelle horreur !). Bref, beaucoup de choses sont plates dans ce film (sauf la poitrine de Bellucci, que le réal' n'a d'ailleurs pas résisté de montrer encore et encore dans une séquence plus Z que Z). C'est dommage parce-que l'introduction du film est vraiment réussie (nerveuse, mystérieuse ce qu'il faut, choc, efficace). Bon en fait je me rend compte que j'ai pas grand chose à dire sur ce film... une critique qui sert à rien en somme.
Prête-moi ta main
Ah ben heureusement que je l'ai vu celui-là, sinon le ciné m'aurait dégoûte pour un petit moment. Je dois dire que ça fait du bien d'avoir une comédie comme ça, et en France en plus (youpiiii !). La grande force de ce film, c'est de ne jamais se reposer sur ses lauriers. Parce-que bon, le réalisateur aurait aussi bien pu se limiter à son concept (un homme se fiance pour éviter de se marier) et de broder autour. Mais en fait non ! C'est bien plus et c'est ça qui est bon, les bonnes idées fourmillent, les acteurs illuminent l'écran, l'histoire est sans cesse surprenante, on ne s'ennuie jamais, c'est drôle, inventif, FRAIS ! Allez, arrêtez de lire mes critiques inutiles et courez allez le voir ! Et que ça saute !
Ne le dis à personne
Eh bé il est en forme le ciné français en ce moment, parce-qu'avec ce film je tiens assurément LA meilleure surprise de l'année. Le film que j'attendais pas du tout (mais alors pas du tout, c'est à peine si je savais qu'il existait) se révèle finalement être... super. Bon ok l'autre là il nous sort plein de choses super positives sur le film pour au final dire qu'il est... super, ça fait un peu pétard mouillé je trouve (pas ma faute il pleut), mais j'ai pas envie de trop m'enthousiasmer dessus (c'est dur !) pour pas que vous en attendiez trop et que vous soyez déçus (quelle âme généreuse je fais).
Pour résumer (parce-que les bons films se passent quand même de mots) : c'est bien filmé, bien écrit, super bien joué (quel casting les amis, quel casting !), bien rythmé sauf à la révélation finale un peu longuette (certains disent que tout le film est trop lent, je le vois plus comme une invitation à la contemplation, ce que vient confirmer une séquence un peu surréaliste, narrativement totalement inutile, où Canet trippe sur un voyage en voiture en ville sur fond de musique (présente dans Collateral d'ailleurs, on sent les influences)). Le côté thriller est sans doute le moins poussé du film, Canet ayant décidé avant tout de mettre en avant l'histoire d'amour, et il a diablement bien fait.
Bref, un film très très bon, et surtout frais, novateur, loin de tous ces thrillers « à l'ancienne » revenus à la mode ces derniers temps (Marchal, Boukhrief, Siri & co).
02 novembre 2006
En vrac
Feast de John Gulager - USA/2005
Marchant sur les traces de Une nuit en enfer (même principe, même ambitions, le tout remis au goût du jour), Feast
s'impose sans problème comme l'une des séries B les plus jouissives du
moment. Tout est fait ici pour le fun et pour le rythme, de la façon de
présenter les personnages jusqu'à la toute toute fin, c'est du bon et
c'est du gore. Visuellement sympathique, le film navigue entre la
comédie et l'horreur, et en cela s'avère le parfait petit film du
samedi soir. Bref, à voir.
Crank de Mark Neveldine et Brian Tayler - USA/2006 
Synopsis (une fois n'est pas coutume parce-qu'il vaut le coup d'oeil) :
Un
tueur se voit inoculé un virus qui le tuera à moins qu'il ne maintienne
son taux d'adrénaline élevé. Pour ce faire il fera n'importe quoi, même
les plus grotesques.
J'attendais beaucoup ou en tout cas pas mal de ce film, prototype même du film au pitch barré et assumant sa connerie à 200%. Eh bien au final, même si le film a pour lui beaucoup de qualités, je ne peux m'empêcher d'être déçus. Déçus parce-que le film s'avère bien moins pêchus et rythmé que son pitch le laissait présager et qu'au final il est (trop) classique (enfin ça reste "à part" mais c'est plus classique que ce que j'en attendais). Néanmoins on s'amuse bien (enfin JE me suis bien amusé) et les séquences folles (parce-que malgré ma déception j'ai quand même bien aimé le film) s'enchaînent devant nos yeux ébahis. Bon, j'en fais un peu trop mais ça vaut quand même le coup d'oeil. Pour vous donner une idée du film j'ai eu l'impression de regarder un gros film amateur (le choix de la bande-son y est pour beaucoup) avec de gros moyens (ce qui n'est pas péjoratifs, c'est juste pour le style). Enfin bref, Crank c'est quand même sympa, et après tout c'est tout ce qu'on lui demande.
Le Mans de Lee H. Katzin - USA/1971
Le Mans
c'est un peu le film de course ultime, ultime dans le sens qu'il se
focalise avant tout sur la course et la mentalité du pilote (Steve Mc Queen
impec'), sans rajouter de petite histoire inutile autour (bon on a bien
une romance mais elle se fait discrète et s'intègre parfaitement au
récit et surtout à la course). Ce qui étonne dans ce film c'est qu'il
navigue entre deux styles un peu extrêmes, d'un côté un style
totalement réaliste, sans fioriture (les dialogues dans ce film sont,
sans être rare, très minoritaires dans la narration) et de l'autre une
stylisation extrême (ralentis à gogo, montage poussé, bande-son
ultra-travaillée), les deux se mariant parfaitement pour au final nous
placer réellement au coeur de la course. Les séquences fortes se
multiplient (rah ce départ, quelle tension !) et le film n'a pas pris
une ride (enfin sauf dans sa musique mais étant absente lors des
courses ça pose aucun problème), surtout dans ses scènes de crash d'une
violence et d'une intensité rare (on apprend au générique le
"sacrifice" du pilote David Piper, après vérification il s'avère qu'il
a perdu une jambe lors d'une cascade). La reconstitution des 24h est
magistrale et on ne doute jamais de la véracité de la course (un peu
comme dans Michel Vaillant en fait qui lui a emprunté beaucoup d'ailleurs). Enfin bref, la référence du genre.
28 octobre 2006
Divers
Doom de Andrzej Bartkowiak - USA/2005
Doom le jeu vidéo c'est de l'Histoire (avec un grand H),
Doom le film c'est le petit truc insignifiant qu'on loue quand on n'a
rien d'autre à foutre dans un moment de faiblesse. Pour résumer : c'est
long, lent, chiant, mal filmé, mal joué, mal foutu et pas respectueux.
Je me lancerais bien dans une petite analyse avec les moments
bons/moments nuls et la photo (oui ça a à voir !) mais là j'ai la
flemme. Rien à sauver donc..ah si ! Son (faux) plan-séquence qui
procure une certaine jouissance, qui est bien foutu, bien rythmé, bien
filmé, bien jou...ah non pardon, bref : réussit. Mais vraiment c'est le
seul moment bien.
Infernal affairs II de Andrew Lau et Siu Fai Mak - HK/2003
Passé le doute de voir une suite potable,
Infernal affairs II parvient à s'imposer sans problèmes et peut se
placer sans hontes aux côtés de son illustre aîné (Infernal affairs I
pour ceux qui suivent pas). La grande force du film est de faire la
même chose mais en différent. Ainsi le commissaire et le chef de gang
du premier deviennent ici les deux personnages principaux et c'est tant
mieux. Si le film fonctionne c'est aussi beaucoup parce-qu'on sait ce
qui va se passer après et qu'on est fasciné par la manière dont tout a
commencé. Et si les deux acteurs mono-expressifs jouant Tony Leung et
Andy Lau jeunes parviennent à s'imposer, c'est essentiellement
parce-que les deux grands que je viens de citer leurs ont bien préparés
les personnages et les ont imposés à l'écran, du coup ils pourraient se
mettre en tutu et danser sur la table qu'on y croirait encore. Fort.
Casshern de Kazuaki Kiriya - Japon/2005 
Super pour les un, infâme pour les autres, finalement
j'ai pas si mal aimé que ça même si le film est incroyablement
maladroit. D'abord la photo. Je veux bien que des flous et des blancs
brûlés ça aide à camoufler les CGI un peu ratés mais trop c'est trop,
surtout quand c'est pour montrer les méchants (là ça devient
complètement con). Et puis ensuite le propos. C'est bien beau de
vouloir faire un film sur "oui il faut vivre tous ensemble gna gna gna
on se gênera tous gna gna gna", mais le faire d'une façon aussi lourd
c'est moyen (à croire qu'ils prennent les spectateurs pour les
autistes). A part ça les scènes d'actions sont bien foutus et ça se
laisse regarder. Suivant !
Une nuit à Mongkok (One nite in Mongkok) de DerekYee - HK/2004
Lorsque Dionnet compare dans son introduction
Une nuit à Mongkok au cercle rouge de Melville il n'a pas tout à fait
tord. Les deux partagent une certaine idée de la fatalité et une
certaine amertume de la façon dont les règles finissent par achever
certaines situations. Généralement dans ce genre de film ça commence à
couiller à la fin, ici que nenni, elle est l'une des plus émouvantes et
réussie que j'ai pu voir récemment.
Ah ! Et Daniel Wu est super.
SPL de Wilson Yip - HK/2005
SPL est un film fait pour l'action mais n'est pas un film
d'action. On en retient l'action mais il ne faut pas le voir pour
l'action. Bref, SPL est un film un peu bâtard sur les bords. Bâtard
parce-que même s'il le fait avec brio, il navigue toujours entre
plusieurs genre. Entre le mélodrame, la comédie, le policier ou
l'action pure, ça change tout le temps. Résultat ? Eh ben on peut pas
le voir comme un film d'action, ou comme rien du tout d'ailleurs ! On
est juste obligé de le regarder comme SPL. Les scènes d'actions sont
bien foutus, la mise en scène énergique et efficace sait rester simple
et efficace. Par contre un truc gênant, c'est qu'on a toujours
l'impression que les comédiens prennent la pause, ce qui fait parfois
tomber le film dans un ridicule malvenu, mais bon, on va pas se
plaindre hein...
22 juin 2006
C'est les vacances...
...donc encore plus de mini-critiques (chouette !).
Hollow man II
On
a tous encore en souvenir l'incroyable Hollow man...ah pardon. Je
disais donc : on a tous encore en souvenir cette, pardonnez-moi
l'expression, putain de bonne série B (aaaaah, ça fait du bien)
qu'était (et est toujours aux dernières nouvelles) Hollow man, version
Verhoevenienne de l'homme invisible (comprenez : avec du sexe et du
sang) qui faisait un bien fou à regarder, parce-que ben...regardez la
dernière parenthèse pour comprendre pourquoi. Cette suite laissait
craindre le pire, évidemment la suite d'un blockbuster pareil qui sort
en direct-to-video au casting d'inconnus (à part Christian Slater que
l'on voit quelques minutes de tout le film, homme invisible oblige) ne
peut pas égaler le premier, ne serait-ce qu'à cause de son budget (les
FX très réussis du premier étaient pour beaucoup dans le plaisir que
l'on prenait à le regarder). La question est juste de savoir si Hollow
man II est un nanar (comme a pu l'être Starship troopers 2, autre suite
d'un film de Verhoeven) ou juste un mauvais téléfilm.
Etrangement ça
commence plutôt bien. Le générique donne même l'illusion d'assister à
un film soigné au budget confortable, et la musique nous laisse
imaginer les ambitions de suspense et de terreur. Le film commence
enfin, et ça passe plutôt pas mal. Le premier meurtre (à coup de
batterie de téléphone portable, ça semble être devenu à la mode
maintenant) est bien foutu, reste à voir le reste. C'est là qu'on se
dit qu'avec un peu de chance on va assister à un bon film. Erreur ! Car
dès l'arrivée en scène du personnage principal, le film s'effondre.
Aucun charisme, aucun talent, aucune classe, niet, nada, que dalle.
Pour
un direct-to-video on pourrait s'attendre à un tant soit peu de
violence et de sexe (soit deux composants essentiels du premier film),
eh ben non. Le premier meurtre est le plus violent, aucun autre ne
viendra l'égaler. Côté sexe on nous donne une pauvre scène entre deux
adolescents, scène dans laquelle on sent bien une volonté d'allier le
plaisir (la vision du sexe) à la terreur (ils se filment avec une
caméra à vision nocturne qui permet de voir l'homme invisible
(l'infrarouge était trop cher à transférer sur pellicule ?)),
malheureusement toutes les bonnes volontés tombent à l'eau.
Inutile
d'espérer trouver un semblant de message dans le film, il n'y a rien,
rien à part une pseudo dénonciation du gouvernement, ainsi qu'une vague
allusion aux actes barbares de certains soldats américians en Irak. Pas
trop mal, mais on aurait aimé quelque chose de plus développé ou de
plus couillu.
Pour finir, il est à noter que les FX ne sont pas si
loupés que ça, même si on sent que tout leur budget est passé dans la
scène finale (scène que l'on attend depuis le début puisque
représentant la couverture du DVD).
Bref, pas trop mal mais peut faire beaucoup mieux.
Le guépard
Le
guépard est un film étonnant. Etonnant parce-que sur les trois heures
qu'il dure (du moins dans sa version longue), seules ses vingt
dernières minutes lui donnent sa force (et quelle force !). Ainsi on
assiste pendant 2h40 à la présentation des personnages, à la jeunesse,
avant de enfin comprendre par ce plan magnifique où Burt Lancaster
verse une larme silencieusement face à un miroir, tous les enjeux de ce
film. Le guépard, c'est un film sur la fin d'une époque, sur la fin
d'une génération, sur la fin d'un homme. Comment cet homme souffre en
silence de voir la jeunesse prendre le relais. C'est beau, très beau,
mais c'est aussi parfois très ennuyeux. Que Visconti aime filmer des
gens élégants en tenues de soirée danser, ok. Mais qu'il en mette des
tonnes sans intérêt apparent pour l'histoire ou les personnages, ça
passe moins. Les italiens ont toujours aimé prendre leur temps, mais là
trop, c'est trop, et même si la fin du film absolument magnifique
(j'arrive pas à croire que je dis ça après m'être endormi devant), le
visionnage de ce film est parfois un véritable calvaire. Non que l'on
ne prenne aucun plaisir à admirer la beauté plastique de l'oeuvre (dont
sa photo si particulière), mais que l'intérêt du film n'arrivant qu'à
la fin, on s'ennuie. Nul doute maintenant que Le guépard est le genre
de film qui se savoure au deuxième visionnage, mais quand même.
21 juin 2006
Mini-critiques
The Bird with the Crystal plumage
Dario
Argento fait partie de ces cinéastes dit "de références" dont je
n'avais encore strictement rien vu (rien de rien de rien de rien, même
pas son épisode de Masters of horror, tiens faudrait que je m'y mette
un jour d'ailleurs), voilà donc l'erreur réparée. Eh ben c'est pas
brillant. Certes ça n'est qu'un film et probablement pas son meilleur,
mais quand même, aucun suspense, aucune terreur, niet ! L'intrigue est
plus chiante qu'autre chose, et l'oiseau extrêmement peu présent
finalement (avec un titre aussi classe ils auraient pu mieux faire,
merde quoi !). C'est donc à une simple histoire de serial-killer que
l'on assiste, et puis c'est tout.
Tenebrae
Ah
ben voilà qui est mieux ! Après le désastreux film du dessus (remonter
dans l'article si vous avez déjà oublié, là haut, juste là, plus
HAUUUUUUUUT!!!!!!) j'apréhendais plutôt mal ce nouveau Argento? Bon,
ben en fait il est sacrément mieux. L'intrigue est plus intéressante,
moins décousue, le suspense pointe enfin le bout de son nez accompagné
de son amie terreur (jolie comme phrase non ? non ? ok). On retiendra
le super plan de présentation de la maison (rappelant fortement le plan
d'arrivée des cambrioleurs de Panic Room mais en techniquement moins
élaboré évidemment) avec l'arrivée du tueur. Bref, une réussite.
15 janvier 2006
Critique à la va-vite
The Hi-lo country de Stephan Frears - USA
Je suis habituellement
peu fan de ce genre de western se passant à une époque "moderne" (avec
des voitures et des routes goudronnées quoi), surtout quand il ne
s'agit "que" d'histoires d'amitiés. Pourtant là je suis totalement
rentré dans le bain. On peut repprocher au film certaines lenteurs ou
des facilités esthétiques (lever et coucher de soleil notamment) un peu
gênantes, mais l'important est que l'on croit à ces personnages. Car
oui on y croit, on ne doute jamais une seule seconde que ce sont les
vrais acteurs qui montent ces chevaux, font du rodéo (très
impressionantes scène) et conduisent des centaines de bêtes. Et la
musique est très jolie, voilà.
Embryo
Série B plus que sympathique, Embryo est aussi une très
intéressante réflexion sur les droits des êtres faits par les hommes.
Certes on n'a jamais vraiment la frousse dans ce film dont le niveau de
tension reste au plus bas, mais quelle importance.
Self-control
Rien de tel qu'une petite comédie pour se détendre.
Self-control est le genre de film qui peut se révêler très sympathique
s'il est réussie. Et s'il est réussie, au diable le fait qu'il utilise
douze clichés à la seconde. Mais Self-control n'est PAS réussie. Certes
le sujet est très intéressant - le contrôle de soi - mais ne va jamais
très loin dans la réflexion et se contente de nous servir une suite de
situations ultra-exagérées qui font que finalement on n'y croit plus.
Reste quelque moments de bravoures tout de même, malheureusement non
assumés (car expliqué bien trop rationnellement par la suite, enlevant
ainsi tout le côté burlesque de la chose). Bref, pas terrible terrible.
Dark water de Hideo Nakata
Le genre de film que l'on attend de
voir et qu'on ne peut jamais car comme un con on a loupé sa sortie
ciné. Et puis on le voit...et puis c'est bien. Fondamentalement, le
film est bien plus intéressant que Ring du même réalisateur, mais
formellement, il fiche bien moins la frousse (le niveau de frousse
reste néanmoins très élevé). Réalisation parfaite, acteurs parfait,
scénario efficace, bande-son soignée, on est face à un film des plus
soignés. Malheureusement l'épilogue vient un peu tout gâcher, car bien
qu'il n'y ait jamais vraiment d'explications, le reste du film se
suffisait à lui-même, et cette dernière partie lourde et lente ne sert
tout simplement à rien, si ce n'est provoquer un dernier élan
horrifique. Malheureusement, cette fin qui en fait nous "rassure" quant
au devenir de la situation empêche alors tous les effets
post-visionnages (que de nuits blanches à craindre la présence de
Sadako près de mon lit, que de frissons à arrêter la télé quand il y a
de la neige dessus). Un très bon film quand même.
11 décembre 2005
Mini-critiques
J'aurais bien tenté de résister à la tentation de copier Flicht, mais vu le temps qui me manque cruellement, je me vois contraint et forcé d'adopter sa technique. Je décline toute responsabilité de copiage donc.
Lord of war de Andrew Niccol (2006) – USA
Après le génialissime « bienvenue à Gattaca » et le fort sympathique «
simone » (prononcez « sim ouane »), Andrew Niccol nous sert ici son
meilleur film. Une belle claque dans la gueule que ce film, dépeignant
avec cynisme l’univers des trafiquants d’armes. La voix off de Cage est
ultra savoureuse, toujours marrante, même si le message l’est beaucoup
moins. La réalisation fluide et maîtrisé, le choix judicieux des
musiques, la voix off, les acteurs et le scénario implacable font de ce
film LE film du début de l’année 2006 (en même temps il sort le 4
janvier, donc bien ou pas ça aurait été pareil), il aurait été LE film
de TOUTE l’année 2005 si seulement il sortait plus tôt, et les
avant-première, ça compte pas.
Starship troopers 2 : hero of the federation » de Phil Tippet (2004) –
USA
Je dois dire que j’étais assez curieux de voir la suite du chef
d’œuvre de Paul Verhoeven, et étrangement j’ai plutôt bien aimé. Certes
toute la partie anti-militariste a globalement disparue au profit de
courages, sacrifices et autre joyeuseté du genre, il n’empêche que le
héros du film est un anti-héros, et que globalement, malgré toutes les
réticences que j’avais, je suis plutôt bien entré dans l’histoire, même
s’il a fallut 45 minutes (soit plus de la moitié de la durée du film)
pour ce faire. Oui ST 2 c’est pas terrible niveau scénario. Oui la
réalisation, la photo et les trucages transpirent le petit budget et la
série B, mais ça reste acceptable. Les trucages parlons-en, certes
c’est pas très beau et plutôt mal foutu la plupart du temps, MAIS ça
reste acceptable. Le trucage de la tour par exemple, est relativement
correct, de sorte à ce qu’on ne sache jamais vraiment si c’est du
décor, de la maquette ou de la synthèse pure. L’histoire est
relativement sympathique dans son ensemble, on se surprend même à
vouloir que les héros s’en sortent, même si le sacrifice final est
prévisible deux heures à l’avance (enfin 1h26 ou presque). Dernier
point positif : les combats finaux sont hilarant de connerie, mal
cadrés et énormes de conneries, bref on rigole bien devant. Pour
résumer : c’est moche, mal cadré, la photo est immonde (on se croirait
devant un film amateur, bien foutu le film amateur quand même), les
acteurs jouent comme leurs pieds, mais ça fonctionne pas trop mal, on
aime ça, on accroche, et on rigole un bon coup. Bref, Starship Troopers
2 est loin d’être mauvais. Il suit ainsi le chemin inverse de Pitch
Black/Riddick, il commence par un blockbuster énorme, et finit par un
petit film plus intimiste, sorte de huis-clos fort intéressant.
Frissons de David Cronenberg (1974) – Canada
Alors là je dois dire que je ne sais pas trop quoi en penser. D’un côté
c’est plutôt bien fait, efficace, et de l’autre relativement classique.
Maintenant faut-il en voir une dissection de l’ambiguïté de l’être
humain ? Car ces personnes contaminée par le parasite, sexuellement
libérées » (ou totalement folles, au choix) sont, heureuses, gaies,
comme libérées d’un poids énorme, pendant que les survivants ont peur
et se battent contre ces « choses », comme s’ils se battaient contre
leurs pulsions. La fin montre bien ça : le héros sort en voiture, un
cigare aux lèvres, à côté de sa compagne, il sourit, le son est calme,
comme apaisé.
Traqué de William Friedkin (2003) – USA
Sur un scénario facile,
Friedkin nous montre toute la sauvagerie de l’être humain. Efficace,
violent et brut, le film l’est en permanence, allant à l’essentiel,
sans superflus. On pourrait croire avoir un énième film de tueur en
série « choc », il s’agit pourtant de quelque chose tout autre. Dans ce
film, c’est l’être humain qui est montré comme cruel et bestial, même
Connie Nielsen finit par succomber à cette rage, à la vengeance (« il a
tué un de mes hommes, il est à moi »). Le combat final est terrifiant
de violence. Friedkin a encore la forme, et ça se voit.
Frères de sang de Kang Je-Gyu (2004) – Corée du Sud
On aurait tort de
rester sur ce film comme sur un sous soldat Ryan like car il est bien
plus. Ici pas de patriotisme (étonnant
vu le titre original – Tae Guk Gi, nom du drapeau sud-coréen), seulement
la guerre, les soldats, la peur, la nourriture qui manque, les unités
encerclées se faisant abandonner par le reste de l’armée. Si les
nords-coréen, comme prévu, sont représentés en monstres sanguinaires,
les sud-coréens ne sont pas mieux : violent, exécutant sommairement,
organisant des « combats de prisonnier » (le perdant ne mangeant pas
durant une durée donnée). Frères de sang est donc un film de guerre pur
et dur, violent, brut, choc, sans concessions ni complaisances.

