hot_fuzz     Alors qu’une espèce de grosse bousasse comme Die Hard 4.0 cartonne au box-office (accueilli par ailleurs avec une indulgence hallucinante, un peu comme en leur temps X-men 3, Daredevil ou Massacre à la tronçonneuse : le commencement), condensé de tout ce que le cinéma d’action peut nous proposer de pire, un petit joyaux pur en provenance directe de Grande-Bretagne nous explose à la gueule, nous rappelant à quel point la rigueur, le travail et l’amour du cinéma n’ont pas besoin de 100M$ pour s’épanouir pleinement.   

Hot Fuzz, c’est une déclaration d’amour enflammée au cinéma d’action (américain, forcément) fait par des geeks talentueux qui ont absolument tout compris au cinéma. Car sous ses airs de grosse-comédie-lourdingue-mais-sympa-quand-même Hot Fuzz cache plusieurs niveaux de lectures, trois en fait : la parodie pure et simple bourrée de références (que ce soit les personnages, le style général, les rebondissements, certains plans en particulier ou même un film regardé par les protagonistes), la comédie « de base » mais ultra-efficace quand même, et enfin le film d’action pur et dur, diablement efficace, à l’intrigue carrée et aux personnages fouillés. Et force est de reconnaître que ces trois niveaux de lectures se superposent parfaitement dans le film, preuve d’un travail de réécriture minutieux (qui, à l’écran, paye décidément très bien) ainsi que d’un amour complet pour des films que les co-auteurs ont parfaitement et entièrement digérés.

    Et c’est assurément de là que provient la force de Hot Fuzz, car porté par ce que le cinéma propose de plus pur, nos deux compères (Edward Wright et Simon Pegg donc) alignent de purs morceaux de bravoures et ce sans jamais une seule baisse de rythme. Ayant compris qu’un bon film – comédie, action, horreur ou « drame pour trentenaire qui parle dans sa cuisine » ou pas – passe forcément par une intrigue solide et des personnages travaillés, ils mettent tout en œuvre pour satisfaire le spectateur de la meilleur façon qui soit : en leur proposant le film le plus honnête qui soit, le plus à même de divertir de manière noble (et pas comme le truc cité plus haut).

    Evidemment le film n’est pas exempt de défauts, à commencer par sa réalisation ultra-référentielle à Michael Bay ou Tony Scott et leur découpage ultra-cut…poussé à un nouvel extrême. C’est sympa au début mais vu que le réal’ nous offre toujours le même type de découpage pendant tout le film c’est assez lassant (surtout qu’à la fin, pour montrer que le dénouement approche, la seule chose que le réal’ peut faire c’est…découper encore plus ! eh oui, au cas où on aurait douté la chose possible). Mais bon, même découpés en mode Tony Scott 2.7, le film reste parfaitement lisible (une vraie leçon pour tous les tâcherons d’Hollywood qui sur-découpent pour un rien et sans avoir les plans qu’il faut). Bref, malgré quelques défauts (mineurs vu l’énorme réussite du film), Hot Fuzz reste l’un des films les plus funs de ces dernières années (le dernier de ce niveau c’était…ah ben tiens, Shaun of the dead), et assurément le plus réjouissant de cet été. Et puis tant qu’à faire, il constitue une parfaite mise en bouche face au bourrin premier degrés qui arrivera la semaine suivante (Transformers, eh oui), alors franchement, ça fait aucune raison de se priver.