A life of cinema

The wonderful world of a wonderful film buff (with a wonderful accent please)

02 mai 2006

jeu vidéo : comparaison Half-life²/Mafia

Diantre, du jeu vidéo sur un blog de cinéma ! Non je ne me convertis pas et cet article sera (normalement) seul et unique, mais j'avais envie de faire ça alors...ben...je l'ai fait (ça s'invente pas).

Pourquoi comparer Half-life² et Mafia me direz-vous ? Eh bien parce-que chacun de ces jeux représente non pas une apothéose ou un summum d'un genre (je me garderais bien de ces jugements douteux), mais parce-qu'ils représentent bien chacun leurs genres, et qu'ils s'opposent sinon totalement au moins partiellement. Half-life² est l'archétype du jeu à plaisir immédiat. On commence, on est dans le bain, on découvre, on se fait poursuivre, on obtient une arme, on avance, on tue des méchants, etc. Pas de longues discussions, tout est fait dans le jeu pour le plaisir du joueur, et en cela le jeu est une sacrée réussite. Prenons un exemple simple. On vient de faire le passage en aéroglisseur, on arrive à la base des rebelles et on se dit "ça y est, on va enfin pouvoir commencer les choses sérieuses". On fait connaissance avec tout le monde (y compris avec "chien") et on obtient son super-joujou le pistolet anti-gravité. Puis vient l'attaque des "méchants", et là c'est le drame comme dirait l'autre. Car dès lors, on comprend dans une sorte de spirale en enfer (ça c'est pour l'image de que le joueur ressent) qu'on va avoir de sérieux problèmes, et boum ! Voilà qu'on nous balance un niveau d'horreur (de sacrée flippe en tout cas), et le pauvre joueur n'a d'autres choix que de le traverser le plus rapidement possible. Voilà donc pour HL², un jeu qui manipule (très) habilement son joueur, jouant avec ses émotions (ah la sortie des grottes vers la lumière divine !) et ne l'ennuyant que très rarement (le passage en buggy ne servant que de grosse transition).
Mafia au contraire est l'archétype du jeu à histoire, c'est-à-dire que tout ce qu'il doit faire pour être "crédible" (à l'inverse de HL² où ça ne dérange personne que l'on passe en 5 minutes d'une village de nuit à des entrepôts de jour), il le fait, ce qui implique évidemment d'énormes longueurs par moments (en gros il faut 2/3 heures de jeu avant d'arriver au choses dites "sérieuse"). Là où HL² faisait à chaque fois des choix pour le fun, le rythme et le plaisir immédiat, Mafia ne choisit jamais et exploite à fond toutes ses idées (la mission de la course me reste encore en travers de la gorge), au grand détriment du rythme et du plaisir du joueur. Un autre exemple où le jeu ne choisit pas SPOILER c'est sa grande incohérence de la voix off, alors même que le héros meurt à la fin (par conséquent il ne peut pas être retiré dans un coin peinard à écrire ses mémoires ou à raconter sa vie à ses bambins au coin du feu). Si dans American Beauty ça passe comme une lettre à la poste du fait du raisonnement sur le malaise de la société américaine (le héros avec sa mort obtient le "recul" nécessaire), dans Mafia ça passe moins. Ainsi entre une voix off explicative (permettant d'exposer et de développer l'histoire plus facilement) et une fin "choc" (ou plutôt logique), les développeurs ont préférés garder les deux en gourmands qu'ils sont. FIN SPOILER Mafia sacrifie aussi son gameplay parfois un peu brouillon (notamment dans les gunfight) au profit de son histoire que ses auteurs ont visiblement prit un malin plaisir à développer à l'excès.
Bien évidemment ces deux critères (plaisir immédiat & histoire développée) jouent énormément sur le souvenir du jeu que gardera le joueur. Nombreux sont ceux qui, ayant finis HL², tombant sur sa conclusion des plus surprenante (et très déroutante) se sont mis à cracher dessus, oubliant tout le plaisir que leur avait procuré le jeu pendant une petite douzaine d'heures. A l'inverse, Mafia (qui est plus le genre de jeu auquel on joue un peu pendant longtemps à l'inverse de HL² que l'on finit en moins d'une semaine), malgré tous ses défauts, ses missions éreintantes et décidément très (trop ?) difficiles laisse un souvenir plus que positif dans la tête du joueur qui, pour le coup, n'a pas l'impression d'être pris pour un con.
De manière générale on pourrait hâtivement classer les jeux dans deux catégories : les jeux à histoire (les silent hill, sybéria 1 & 2, l'amerzone,...) et les jeux à gameplay (les swat, les rainbow six, les splinter cell, far cry, vietcong, les sims, les ghost recon...). Bien évidemment certains s'essayent de concilier les deux avec plus ou moins de réussite, ce qui donne des jeux parfois bancales (true crime, the thing, manhunt, deus ex : invisible war...) et parfois diablement équilibrés (obscure, beyond : good & evil, deus ex, les max payne...). De manière générale les jeux à gameplay marquent s'ils sont une série (la seule manière pour eux e se garantir un public constant), alors que les jeux à histoire n'ont nullement besoin de ça. A partir de là, chacun tire les conclusions qu'il veut.

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01 mai 2006

Critique express

La doublure de Francis Veber
J'étais allé voir la doublure pour passer un bon petit moment, me vider le cerveau et me remettre à zéro juste avant les vacances, grand mal m'en a pris. Si Francis Veber ne tombe pas dans l'auto-satisfaction et tente quelque chose de "nouveau" (en restant bien dans son style quand même), il plombe tout son potentiel comique en faisant des personnages manichéens au possible. Car ce qui faisait la force de ses autres films, c'était que même le "méchant" (ou le blaireau) se révelait être attachant et humain, et que même le "gentil" (ou le blaireau, ça marche encore) pouvait se montrer stupide. Ici point de tout cela, le gentil est un pauvre voiturier qui partage son appartement avec un boulet, le méchant un chef d'entreprise multi-milliardaire qui trompe sa femme. Plus d'enjeux, plus de situation délicieusement corsée, plus rien quoi. Niveau réalisation c'est plat plat plat, du minimum syndical de chez minimum syndical et même encore plus bas (ça aurait été au théâtre c'était la même chose). Les acteurs sont plat (on a quand même Gad Elmaleh, Daniel Auteuil, Richard Berry, Virginie Ledoyon, Christine Scott Thomas, Alice Taglioni et Dany Boon dans le même film quoi !), tout est plat dans ce film d'une nullité absolue.

P.T.U. de Johnny To
Et de trois ! Troisième film de Johnny To que je vois et apparemment c'est son plus personnel (ou l'un de ses plus personnels). Très hônnètement je m'attendais à des gunfight en pagaille, du sang qui gicle, bref : un film d'action. Et ce que j'ai eu m'a comblé encore plus. En prenant un postulat de base ultra simple (un flic perd son arme, ses collègues ont une nuit pour le récupérer avant d'être obliger de faire un rapport), Johnny To s'attache à montrer la tension de ses personnages (littéralement palpable). Le film se déroule pendant une seule nuit (on ne voit jamais le jour), la nuit du dimanche de 22h à 6h, ce qui à Hong-Kong est le seul moment de la semaine où tous les magasins sont fermés (et accessoirement le film s'est tourné pendant 2 ans et demi dans cette tranche horaire), donc dans des rues totalement désertes (ou presque).
La fin est un monument du genre pendant laquelle toute la tension monte à son comble avant de retomber, laissant la nuit continuer (on a vraiment l'impression de voir un moment de vie de ces policiers). SPOILER Le gunfight est filmé de main de maître, peut-être un peu trop "western-like" (les deux truands face à face qui sortent leurs pistolets...) mais terriblement prenante et efficace. FIN SPOILER Petit mot encore sur la musique du film qui est en parfaite adéquation avec son sujet et qui sait se faire oublier (une bonne musique de film donc).

Dark City d'Alex Proyas
Aimant beaucoup The Crow et I, robot du même Alex Proyas, je dois dire que j'étais assez impatient de découvrir ce film dont tout le monde (ou presque) en dit du bien. Eh bien malgré toutes mes attentes j'ai été tout simplement époustouflé (oui c'est le mot) par ce film (normalement une énorme attente créée une déception). Mélange habile de SF, film noir et film policier (les deux derniers se rejoignant), Dark City est un film qui nous entraîne dès les premières minutes dans les méandres de son univers torturé. Les acteurs sont parfait (impossible d'en choisir un plutôt qu'un autre), les décors et autres effets spéciaux époustouflants (on a réellement l'impression que le film a coûté une fortune alors que pas du tout). Après une première demie-heure à fond à l'heure le film ralentit, mais ça n'est que pour mieux poser les personnages et développer son intrigue. Très hônnètement, à part deux-trois décors faisant un peu carton-pâte (mais ça sert l'ambiance) et des FX un peu approximatifs par moment (mais le film a 8 ans), difficile de trouver des défauts à ce film qui ne fait absolument aucun faux pas. Sa fin, à la fois totalement ouverte (elle annonce une suite dans l'histoire) et totalement fermée (les choses resteront ce qu'elles sont) était la conclusion parfaite pour ce qui est, n'ayons pas peur des mots, un pur chef d'oeuvre. J'ai parlé de certain FX approximatifs, mais je suis décidément sévère, la plupart du temps ils sont tellement réussie que l'on en vient à se demander si c'est vraiment du numérique (mais leur utilisation prouve bien qu'ils le sont). Petit mot sur le scénario (quand même), j'ai pu lire ça et là qu'il était "difficile", hônnètement (et sans aucune prétention, totalement stupide pour ça d'ailleurs) je ne trouve pas, toutes les réponses étant directement données et expliquées dans le film, il suffit de s'accrocher un peu et de ne pas perdre le fil conducteur. Bref, une pure réussite.

Posté par dubob à 16:29 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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