12 avril 2007
Sunshine de Danny Boyle - USA/GB/2007
Danny Boyle avait jusque là toujours été le cinéaste des films "bien, mais...". Un mais redoutable et entété qui ne cessait de
saboter les films d'un réalisateur pourtant bourré de talent. Que ça soit un début fracassant pour se vautrer par la suite ou l'inverse, il y avait toujours un petit quelque chose qui faisait que malgré tout les films ne décollaient pas.
Eh ben avec Sunshine, c'est fini !
Car Sunshine est un pur bijou de SF comme on en avait plus vu depuis...ben depuis quand tiens ?
Lorsqu'on n'arrive pas à écrire une bonne critique sur un film, c'est généralement bon signe, ça signifie qu'on a absorbé le film en un seul bloc, sans en rejeter la moindre parcelle, en étant impliqué au maximum à chaque seconde du métrage.
Alors c'est bien beau tout ça, mais quoi ? Eh bien une histoire sans failles (sauf peut-être scientifique mais c'est de la SF donc ON S'EN FOUT !) merveilleusement rythmée, un scénario (pas pareil que l'histoire) parfaitement écrit (mine de rien, présenter un scalpel électrique pour que le spectateur l'accepte, le reconnaisse et en sente le danger par la suite, c'est du boulot !), un casting de haute volée (et de surcroît avec une bonne VF), et une technique HA-LU-CI-NANTE !!!!!!! Le son, la photo, la mise en scène, les effets spéciaux, TOUT est incroyablement parfait, sublime, beau, génialement trouvé. Et je ne parle même pas de la musique qui a le bon goût de mélanger l'électro moderne avec la musique hollywoodienne plus classique, nous réservant de pures moments de bravoures.
La seule règle à suivre en allant voir Sunshine, c'est de s'ouvrir pour profiter au maximum pour cette déferlante de génie. L'ambiance est à ce titre totalement prenante (merci le son, merci la photo, merci la réal', merci le montage).
Vous vous dites que Sunshine est un trip métaphysique qui n'est pas pour vous ? Erreur ! L'aspect métaphysique du film est parfaitement intégré au sein d'autres éléments, et notamment des séquences de suspense ENORME. C'est bien simple, plus on approche du dénouement, plus on a d'espoir et plus ça se complique, et jamais (je dis bien jamais) la pression ne retombe.
L'expression "avoir le souffle coupé" semble avoir été inventée pour ce film, et je me suis même surpris à prendre du plaisir à inspirer de longue bouffées d'oxygènes en regardant le générique (qui dispose d'un joli montage d'images du film sur une jolie musique, ça vaut le coup d'oeil)..
Pour résumer : un film parfaitement parfait empreint de génie qui frise le chef d'oeuvre (rendez-vous d'ici quelques années pour confirmation), des séquences monumentales à faire pleurer le plus insensible, une musique superbe, une photo superbe, un son superbe, une réalisation géniale, des acteurs géniaux, une histoire et un scénario géniaux, qui tous ensembles forment un film génial. FONCEZ !!!!
10 avril 2007
Le mari de la coiffeuse de Patrice Leconte - France/1990
Patrice Leconte est un réalisateur passionnant, parce-que quand il ne met pas ses talents de metteur en scène, de directeur d'acteur et d'illustrateur au service des scénarios des autres ou de projets très ambitieux (ce qui peut tout donner et son contraire), il se lance dans des aventures plus intimistes, plus petites et plus légères, prenant souvent la forme d'exercices de style et dans lesquels il est à même de prendre plus de risque, et surtout, d'expérimenter.
Dans ses retranchements les plus extrêmes ça donne Dogora, film entièrement musical, sans histoire, et de façon plus conventionelle et classique, ça donne Le Mari de la coiffeuse.
Partant du postulat de base simplissime d'un homme amoureux, depuis tout petit, des coiffeuses, et qui en épouse une, Le mari de la coiffeuse est un film empreint d'une sensualité un brin désuette, parfois maladroite mais le plus souvent touchant juste. Patrice Leconte filme de main de maître ce que l'on pourrait caractériser le mieux par une jouissance de l'attente, il défend les simples bonheurs de la vie, le bonheur du couple, de la détente, du désir.
Difficile de continuer de parler de ce film sans révélation majeure qui gâcherait tout le plaisir, je finirais donc simplement en disant que Le mari de la coiffeuse est un film poétique, beau, touchant, et ô combien troublant.
09 avril 2007
Le secret de Terabithia (Bridge to Terabithia) de Gabor Csupo -USA/2007
Présenté comme un Monde de Narnia bis, Le secret de Terabithia est finalement beaucoup plus proche du Labyrinthe de Pan de Del Toro, principalement dans la manière dont le monde imaginaire sert d'échappatoire à une réalité pas toujours très rose. Et malgré le lissage qu'a de toute évidence subi le film (on est quand même chez Disney), il s'en dégage une vraie profondeur et une force des plus surprenante, prenant le spectateur complètement par surprise.
Prenant place dans un bourg perdu des Etats-Unis, Le secret de Terabithia fait constemment des aller-retours entre le réel et l'imaginaire, et ce d'une manière des plus efficace. Car ici, point de "super monde féérique" qui apparaîtrait au détour d'un tronc d'arbre, mais la mise en place progressive d'un monde entièrement créé par les enfants. A noter d'ailleurs que le film ne s'aventure que (très) rarement dans ce fameux monde, et que constamment il est interrompu par des retours à la réalité, parfaitement amenés, preuve que le film ne cède jamais à la facilité.
Les acteurs sont pour la plupart convainquant, à commencer par Annasophia Robb (la macheuse de chewing-gum de Charlie et la chocolaterie version Burton), et bien évidemment Robert Patrick, excellent (comme d'habitude) dans le rôle du père.
Alors évidemment tout n'est pas parfait dans ce film. Les passages à l'école sentent sérieusement le réchauffé, la description de la famille et de la maison du garçon n'est pas nouvelle non plus, mais après tout on s'en fout un peu, parce-que le tout marche. Et puis, finalement, Le secret de Terabithia est en totale adéquation avec son message. C'est un brin naïf par moment, on a du mal à y entrer, c'est gentillet, mais au final c'est en acceptant tout ça qu'on apprécie le film (en "gardant son esprit bien ouvert" comme dit dans le film), en se débarassant progressivement des préjugés pour enfin apprécier ce film tel qu'il est non pas pour ce qu'il représente ou comme il est représenté (une énième adaptation d'héroïc-fantasy), permettant même de nous faire prendre par surprise lorsque le film devient bien plus sérieux, faisant preuve d'une maturité des plus appréciable.
Bref, une vraie bonne surprise que ce Secret de Terabithia, peut-être pas la révolution de l'année, mais mille fois meilleurs que ce que sa campagne marketing laissait présager.
04 avril 2007
Hellphone de James Huth - France/2006
Hellphone c'est le projet sorti un peu de nul part, et qui, à son annonce, a divisé à peu près tout le monde. D'un côté les anti, parce-que tête à claque des choristes, parce-que James " Brice" Huth, et de l'autre les pro, parce-que genre made in France et parce-que James "Serial Lover" Huth. Inutile de souligner par ailleurs la "surprise" de voir tous ceux qui passent leur temps à critiquer l'absence de genre et projet un brin couillu en France cracher sur ce film pour une raison ou pour une autre, le qualifiant de film "interdit au plus de 12 ans", de stupidité, et j'en passe, sans bien sûr (le contraire eut été étonnant) l'avoir vu (pendant qu'ils critiquaient ceux qui descendaient Happy Feet sans l'avoir vu [ne vous méprenez pas je l'ai vu et adoré], il est décidément bien plus ardu de voir la poutre dans son oeil que la poussière dans celui de son voisin, mais passons).
Hellphone, c'est un film éminamment sympathique. Sympathique parce-que malgré ses maladresses, le film s'efforce constemment d'accélérer le rythme, de proposer de nouvelles idées, des rebondissements plus loufoques les un que les autre, le tout dans le but éminamment respectable de faire passer un bon moment au spectateur, ce qu'il réussit, et avec brio.
Maîtrise technique excellente, rythme supra-soutenue, rebondissements en pagailles, clin d'oeils toujours sympathiques (de Christine à Zombie en passant par Cujo et Massacre à la tronçonneuse), seule ombre au tableau, l'interprétation de certains acteurs du film. Alors non ils ne sont pas tous mauvais (loin de là même) et certains nous réservent de sacrés moments (voir le prof de maths, probablement le plus réussie du film), mais voir Jennifer Decker se contenter de nous resservir le même sourire timide/mignon tout le long du film (le même que dans Flyboys,voir quelques critiques plus bas) c'est un peu lassant. Quant à Jean-Baptiste "tête à claque" Maunier, j'ai beau vouloir être le plus objectif possible, non. Le voir déclamer fièrement du haut de ses 15 ans, "j'ai 17 ans !" fait partie de ces (rares) moments où le film perd toute crédibilité.
Bonne surprise par contre en la personne de Benjamin Jungers, auquel les airs d'Ewan McGregor confèrent une sympathie immédiate. 
Bref, malgré quelques défauts, un début un poil molasson, des acteurs pas au top niveau interprétant des personnages pas les mieux écrit du monde, Hellphone constitue une vraie bonne surprise, un film rythmé, énergique, réjouissant, fun à souhait et dont on ressort avec la banane.

