flyboysSynopsis : Le destin de l'Escadrille Lafayette, constituée de jeunes soldats américains qui se portèrent volontaires pour intégrer l'armée française durant la Première Guerre mondiale, avant même que les soldats américains n'entrent eux-mêmes dans le conflit.

    Flyboys c'est typiquement le film qui marche ou qui marche pas, tout simplement car il est de ces films qualibrés au millimètres près et qui font appels aux recettes les plus éculées. Ici, pas de surprise, pas de personnages intéressants, pas de moments de bravoures : un film comme ça n'est fait que pour faire passer les 2h et quelques à la vitesse de l'éclair, donc exit toute tentative de faire des scènes "fortes" et bonjour produit formaté jusqu'au bout des ongles.

    Pourtant, le film n'a pas tellement à rougir. La photo est jolie, la réalisation non seulement parfaitement claire mais aussi très agréable, les FX des plus sympathiques, les décors bien détaillés et l'histoire reprend finalement tout ce qui a déjà marché dans un film ou dans un autre. Alors quoi ?! Eh bien le problème vient que tout ça ensemble ça ne fait qu'un joli écrin, comme si le producteur  (Dean Devlin, ex compère de Roland Emmerich) n'avait fait que rassembler de bons techniciens dans l'espoir de pouvoir faire une jolie bande-annonce. Car si la photo est jolie (soit carte postale, soit Soldat Ryan style avec ses couleurs désaturées) elle n'en reste pas moins artificielle (vive le numérique !), la nuit américaine du film est par ailleurs un échec complet tellement elle est évidente.

    La réalisation claire et agréable ? Eh bien elle n'est que claire et agréable. Jamais de risque, jamais de moment de bravoure, jamais quoique ce soit qui pourrait la rendre plus intéressante qu'une pub pour une voiture en fait...  Les FX sont sympathiques ? C'est vrai que les explosions sont jolies, que les avions sont très détaillés et que les maquettes ne sont pas ridicules. Le problème c'est que les avions et les explosions en synthèse restent des avions et des explosions en synthèses, que les maquettes pas ridicules restent des maquettes avec intégration de trois glandus qui courent devant pour faire croire que non. Un petit mot aussi sur un détail inacceptable dans une production de ce calibre : pendant les combats aériens, le sol n'est qu'une immense photo plate... Si on n'y fait pas attention, c'est pas grave, mais dès qu'on y jette un oeil, on a instantanément l'impression de voir une démo de jeu vidéo. C'est dans ces moments-là qu'on se rend compte que le boulot fait par les gars des FX sur Furtif (où les environnements sont VRAIMENT en 3D) mérite un certain respect.

    L'histoire classique mais "efficace" ? Eh bien non ! Non car là où d'autres auraient réussi à mettre tous ces moments et personnages vus et revus de la manière les plus efficaces possibles, et surtout de manière à ce que l'on ne sache PAS ce qui va suivre, tout ici est intégré de manière totalement prévisible et d'une lourdeur hallucinante. C'est bien simple, jamais (mais vraiment hein, tenez je vous le met en majuscule ça fera mieux : JAMAIS) on n'a la moindre surprise, jamais un pet de tension ne vient dans cet énorme bouillie scénaristique.

    Un petit mot sur les personnages ? Parce-que là tout y passe. Le jeune héros plein d'idéalisme (James Franco, plus mauvais que jamais), le salaud de baron allemand, l'officier militaire au passé trouble, le pilote religieux qui prie avant le combat, le capitaine français un peu gauche (Jean Reno qui ne fait rien d'autre que ce qu'on lui demande - qui a dit pas grand chose ?) et même la jeune et jolie bergère en détresse (Jennifer Decker, présente dans le prochain James Huth, Hellphone). De tout ce beau monde, seule Jennifer Decker sort du lot. Si parfois ridicule (je vais faire mon chauvin : c'est la faute au scénario !) elle réussit toutefois, lors de quelques scènes, à montrer son vrai talent (ce que de toute évidence James Franco - qui passe tout le film soit à prendre une tête de beaux gosse invincible, soit à froncer les sourcils pendant les dogfight (cf. l'affiche) - n'a pas).

    Enfin il est de mon devoir de descendre la musique de Trevor Rabin. D'une insupportable lourdeur et lançant des grandes envolées chevaleresquo-lyriques toutes les dix secondes, elle devient rapidement un gros (mais GROS) point faible pour le film, puisque dès lors que l'on sort du film, on ne peut même pas apprécier les belles images (reconnaissons-le) du film, puisque constamment couvertes de cette musique affreuse (et l'intérêt de cette musique n'est finalement que d'informer le spectateur endormi de la teneur dramatique de cette scène, ils ont pensés à tout les producteurs !).

Maintenant, vous à rajoutez tous ces énormes défauts des incohérences stupides (le pilote quasiment mort qui a encore suffisament de force pour faire faire un looping arrière à son avion, le mouvement final du héros (arf, quelle poilade),...), vous pourrez arriver à la conclusion que j'ai pas aimé, ouais.