dongmakgolSynopsis : Au début de la guerre de Corée, un petit village de montagne est le lieu de rencontre d'un groupe nord-coréen, de déserteurs sud-coréens et d'un pilote américain...

Welcome to Dongmakgol est un film des plus étrange comme on en voit malheureusement trop peu dans nos contrées. Tout commence par une scène des plus surprenantes, puisque mélange entre poésie "lourde" (grosse musique, actrice jolie qui fait une grimace, couleurs chaleureusement saturées, mouvement de caméra simple et compliqué à la fois), scène catastrophe (un avion s'écrase) et comédie (c'est rigolo). Ce qui suivra est tout aussi étonnant, puisque pendant un petit moment on a droit à du pur film de guerre, et ce dans tous les sens, à tel point qu'on se croirait dans Taek Guk Gi, tant le film ne fait rien pour masquer les horreurs (physiques comme morale) de la guerre.

  Et comme c'est monnaie courante dans le cinéma asiatique, le film ne cesse de changer de ton, passant du poétique au tragique, en passant par le comique burlesque, l'héroï-comique (ah cette scène du sanglier !) ou l'héroïque tout court (à faire pleurer le plus insensible).

Comme beaucoup de blockbusters sud-coréen (Shiri, Taek Guk Gi, JSA,...), Welcome to Dongmakgol parle de la séparation des deux Corée, en l'abordant clairement ici sous le signe de la réconciliation (pour faire simple : la guerre ça sert à rien, le Nord et le Sud ne sont pas si différents que ça, la paix c'est mieux), mais avec une franchise et une sincérité déconcertante, qui au final donne vraiment envie de croire à cette paix hypothétique (et quand on voit ce que fait le dictateur nord-coréen Kim Jong-Il on se dit que c'est pas gagné...).

Le film repose beaucoup sur ses acteurs, à commencer par Kang Hye-Jeong (Old Boy), plus mignonne que jamais, campant ici une "simple d'esprit" inconsciente de ce qui se passe à l'extérieur du village (comme tous les villageois d'ailleurs, pour qui le concept d'une guerre opposant les coréens et les coréens relève de l'absurde), mais aussi Jeong Jae-Yeong (no blood no tears) et Shin Ga-Gyun (Sympathy for Mr. Vengeance, JSA, Save the green planet), totalement parfait dans leurs rôles.

Bref, un film beau, faussement naïf (voir la fin) et placé sous le signe de la réconciliation. Après ce film, une chose est sûre : on a envie d'y croire.